IMITATEURS DB RABELAIS
la France y figurent, non pas en quelques phrases, comme chez Babelais, mais en langues tirades.
La Satire Ménippée du Catholion d'Espagne et des étais de Paris (1593) ne saurait être mise au nombre des ouvrages imités de Rabelais. C'est un pamphlet où tous les personnages ont des noms historiques, bien que les discours ridicules qu on leur prête ne le soient pas. Nous ne nommons cet ouvrage que pour regretter la perte du commentaire que Tua de ses auteurs, Jean Passerat, avait fait, chapitre par chapitre, du Qargantiia et du Pantagrueh II y avait peut-être là de précieuses révélations sur les intentions de Babelais en composant son livre.
Mais nous ne pouvons oublier les Gaquets de Vaccouchée, qui rappellent pour le cadre les Baliverne' ries d'Eutrapeh Au moyen âge et jusqu'au XVIP siècle, quand une femme était accouchée, il y avait pendant toute une semaine autour de son lit une léunion d'amies et de commères, et Ton se livrait à des conversations où le prochain était fort mal traité. L'auteur ^ ou l'un des auteurs — car il y en avait plus d'un, bien qu'ils aient gardé l'anonyme — raconte qu'il a pu assister, caché derrière un rideau à ces caquets d'où les hommes étaient exclus et il nous les rapporte fidèlement. On parle des maris absents, on se vante des bons tours qu'on leur joue, puis on cause des affaires politiques du moment, de ce qui se passe à la cour, de la religion et de cent autres sujets. Ces pamphlets, souvent très spirituels , remontent aux premières années du règne de Louis Xin.
l'hexaméron suôtique:.
xvn.
Après les caquets des femmeÉi, il n'est pas hors de propos de mentionner les caquets des érudits. Six d'entre eux, Pantagruélistes pour la plupart et admirateurs de Rabelais,— que l'un d'eux, Ménage, voulait même commenter— se réunissent le soir à la campagne aux enviroQs de Paris et se lisent — c'était la mode des petites lectures à cette époque — une série de dissertations, un peu Itères, un peu gaillardes. Ce n'est pas que le ton général ne sdt très décentf mais sous prétexte dt s'indigner contre les auteurs qui se sont permis des récits quelque peu salés, on les reproduit et m les commente. On discute ainsi sur l'antre des nym^dies dans Porphyre, sur certains passages de Sénèque, sur quelques saints, sur les bévu^ d'auteurs célèbres et aussi sur l'éloquence de M. Louis de BaUsac, wcore vivant. Les lecteurs sont désignés par des pseudonymes dans le gotft des Précieuses^ mais qui sont en général la traduction grecque de leurs noms. Ainsi Chevreau, devient Egisthe, nom qui rappelle une chèvre, etc. Le président de la réunion, et le rédacteur de l'ouvrage, La Mothe le Vayer à grécisé son nom, puis en le dénaturant un peu, il en a fait Orasius Tubero, nom ^ sous lequel il a publié quelques autres écrits. Ménage est devenu simplement Ménalque ; c'est lui qui s'est chargé d'exécuter Balzac, mais il a la main un peu lour^. Quant à l'abbé Le Camus, il s'appelle ici Simonides [nez camus]. Cet abbé fut plus tard évéque de Grenoble, cardinal et composiS' divers ouvrages théologiques, mais la dissertation qu'il fournit ici n'a rien de bi^ édifiant : elle peut servir de supplé-