XIX® SIÈCLE. SON «ÉLOGE
.ûe Molière, les Fables de La Fontaine, les Satires de Boileau, les Caractères dé la Bruyère, les Lettres persanes, l'es Contes de Voltaire, Gil Mas^le théâtre de Beaumarchais, reprirent le combat qj^'il ayait livré au début du XYI^' siècle contre l'erreur et la violence... Les armes des combattants sont plus fines, mieux aiguisées, mais ce sont bien les mêmes, la raison et ht moquerie... h
Cela est vrai pour les comédies de Molière, mais les Provinciales sont en dehors de Tinfluence de Babelais, et les satires de Boileau encore plus.
. . Bondibilis a engendré Purgon....
La généalogie nous semblé peu justifiée.
. . L'entretien du maréchal d'Hocquincourt avec le père Oaoaye pourrait figuier dans PcmtaffrueL,
Ce piquant opuscule de St-Evremond rappelle en effet Rabelais, mais il se rapproche encore plus de la manière de Voltaire.
. . Mais c'est encore Panprge qui reparaîtra le plus souvent dans. la littérature française. On le reconnaît sous la peau dfifs renards de La Fontaine et la casaque italienne de SganareUe (dans le Mariage forcé), de Sbrigani, de Mascarille, de Scapin, sous le petit manteau noir de Crispin, les travestissements de Gil Blas et la résilie de Figaro.
A merveille. Mais M. Gebhart ajoute :
Le maître de Candide, Pangloss, c'est encore lui, toujours savant, plus raisonneur que jamais, mais vieilli, désenchanté, horriblement cynique et qui n'a plus la force de s'étonner des misères ou des infiamies de la vie.
Nous aTOUons qu'il nous est impossible de saisir le rapport qui se trouve entre le grave et naïf Pangloss , entêté d'un système i et Fanurge , qui n'est rien moins que naïf, et qui n'a d'autre système que de vivre aux dépens d'autrui.
En revanche nous approuvons comj^lètement M. Gebhart quand il nous dit que par
B68 * LA BÉPUTATION DE.BÂBELilS.
sa raison avide de certitude, son goût pour la raillerie et son humeur joyeuse, Rabelais fut, au commencement de notre &ge classique, l'expression même de l'esprit français.
En somme, Touvrage est conçu dans un bon sentiment, et rÀcadémie française s'est fait honneur en le couronnant, malgré l'opposition chagrine des descendants de Garasse et de Puits-Herbault.
Un mot maintenant des éditions de Rabelais publiées depuis 1830 : •'
Celle de 1842 forme un gros Yolume'in-12 en petits caractères. Elle est accompagnée de notes et d'un chapitre tiré d'un manuscrit, mais qui n'était pas entièrement inédit, puisque la plus grande partie se trouve dans le Disciple de Pantagnid-
L'orthographe est plus simple dans cette édition que dans celles qui ont été données par De TAulnaye.
M. Barré, qui a dirigé l'édition populaire de 1854, a enchéri sur ces simplifications, mais il a été un peu trop loin, il écrit, par exemple : j'ai lu, j ai vu, au lieu de : j'ai leu, j'ai veu, etc.
Les éditions de Rabelais se sont singulièrement multipliées depuis quelques années.
Il y a d'abord les deux éditions Gamier, l'une commune et à bas prix, l'autre in-folio avec les dessins de Gustave Doré. Nous avons déjà parlé de ces dessins.
Puis l'édition Didot, 1857-58, publiée par M. Burgaud des Marets et Rathery, réimprimée en 1870, 2 V. in- 12. Cette publication est très soignée et accompagnée de notes judicieuses. C'est la plus commode pour les lecteurs ordinaires.
BÀBELilS £N AKOLfiTEBBB. 569
L'édition elzéyirienne, dont 11 n'a encore paru que deux volpmes ; le troisième contiendra les commentaires et la notice*
L'édition Picart (Janet et Louis Moland), 7 v. in- 16. Le dernier Tolume renferme une bonne notice et un glossaire bien fait Le texte et les variantes occupent' les six autres volumes.
L'édition Lacour et Montaiglon, 3 vol. in-8^ avec glossaire.
L'édition Marty-Laveaux, également en 3 voL in-S"") avec glossaire.
Ces deux dernières éditions , comme l'édition elzévirienne, sont d'un prix élevé et destinées spécialement aux bibliophiles.
On a publié aussi en 1875 à Turin une édition en trois volumes, petit in-8% avec des notes de M. Sardou, et une dissertation sur la prononciation française au XVI- siècle.
Enfin, en 1876, on a fait paraître un volume de luxe in-40, tiré à petit nombre sous ce titre : Bahélais à la Faculté de médecine de Montpellier , par le docteur R. Gordon , bibliothécaire adjoint à ladite Faculté de médecine. Ce volume contient diverses signatures de Rabelais, le programme des leçons faites par lui, le dessin de ses robes, les reçus donnés par lui, et une copie d'un portrait de lui conservé à la Faculté de médecine, mais qui pourrait bien être de fantaisie et dont on n'ose pas garantir l'authenticité.
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BABSLAIS A L'ÉTRANGER.
Les œuvres de Rabelais ont un caractère telle-