LÀ BÉPUTATION DE BAB£LAIS
dans son Histoire dé la caricature, donne une analyse détaillée de Tœavre dé Bàbelais, et(u
Nons extrayons quelques lignes du livre de M. Wright :
Les ouyraffes [de Rabelais] présentent une espèce d'orgie folle, sans beaucoup d'ordre ni de plan, sauf le cadre de l'histoire, cadre où se remarque un fonds extraordinaire de connaissances dans tous les genres de littérature, depuis la plus érudite jusqu'à la plus populaire ; le tout présenté avec une merreilleuse richesse de langage, une grande imagination, une certaine dose de poésie, et revêtant à chaque instant un cachet licencieux.... C'est une caricature hardie , assez pauvre quant à Fintrigue, mais enrichie de détails, remplis d'images brillantes, quoique grossiers en général, et qui servent d'occasion pour tourner en ridicule tout ce qui existait K.,
Une traduction de Rabelais en hollandais a été imprimée en 1682, 2 v. in-S"*. Le traducteur s'est déguisé sous le pseudonyme de Claudio Gallitalo.
Quant aux Allemands, ils ont eu dès le XVP siècle une traduction du Gargantua seul^ par Fischart. Le docteur Arnstaedt en parle longuement et reproduit dans rappendice de son livre les chapitres de cette version qui se rapportent à Téducation de Gargantua.
Une traduction des cinq livres par Sanders parut en 1783-87 à Hambourg. Elle forme trois Volumes in-8'*; elle est loin d'être exacte, le traducteur paraphrase, supprime, substitue quelquefois ses inventions à celles de Tauteur. C'est une imitation et non une traduction.
^ Histoire de la caricature et du grotesque dans la littérature et dans Vart, par Thomas Wright, trad. d^Octave Sachot, avec 238 gravures, grand in-8®, 1875.
babhlâis en allehagne. 573
La yersion la plus fidèle et la meilleure de Rabelais est celle que Gottlob Régis a publiée en 1832 sous ce titre : Meister Franz Bàbélais^ der Araeney Dodaren, Gargantua und Pantagruel^ auê dem Fra/Msomehen verdeutscJU^ 2 Yol. en trois parties. Beuchot, dans son article de la Biographie Universelle, dit que Rabelais est un de ces auteurs susceptibles d^avoir un commentaire plus ample que le texte. Le traducteur allemand a suiyi ce conseil, il a ajouté beaucoup de notes à son livre, mais ces notes sont savantes et conçues dans un excellent esprit. Amstœdt, dans Pappendice de son ouvrage, a placé la traduction de Régis à côté de celle de Fischart Elle est beaucoup plus courte, parce que le traducteur du XVP siècle a notablement modifié et paraphrasé son original.
Ajoutons que Gervinus dans sa «Geschichte der poetischen Nationalliteratur», 1838, Leipzig, 3 vol., a apprécié Rabelais avec une saine critique. L'article que Scherr a consacré à notre auteur dans son Histoire générale de la littérature est très étendu, et contient une appréciation tout à fiiit sympathique et élogieuse de ce «frère jumeau d* Aristophane.»
Toutes les Histoires de la littérature française publiées en allemand, en russe, etc. , contiennent des appréciations très bienveillantes de Rabelais.
Nous avons signalé Tappréciation peu favorable qui se trouve dans V Histoire universdle de Cantù en italien. Nous ne sachons pas que Rabelais ait été Tobjet d'une critique étendue en Espagne, ni en Italie.
574 BABELAIS ET BON ^ŒUVBE.
Conclusion.
Résumons eii< quelques mots Tétude. à laquelle soub veQons . de oou^ livrer et marquons nettement la place de Kabelaie dana rhistoire de Tesprit humain.
Il y a eu en Franoe au XVr et au XYIII^, siècle deux mouvements intellectuels qui ne manquent pas d'analogie. Au XVIII* siècle^ là répeque de critique personnifiée par Voltaire , suoeède' une période organique personnifiée par Idjontesq^u et surtout par J«-J. Rousseau, des» deux mauvemi^ts tendent ^^ en sonpne au.m^me but et s'ajjoutentL
Il n'en estpas.de même à Tépogue de Rabelais.
Ler XVP sièQle^a aues^i son double mouvement intei-
^^ lectuel : la Renaissance domine pendanfe la première
moitié, la Réforme dans* la ; seconde. Seulement les ^ ^ deux moù.vemepta ne s'ajoutent pas* T0us.deax étaient
partis d'une: mâme idée*, la réacjtioni contre le moyen 4ge^ le retour à: Tantiquité ; mus la Rentàsiuinoe prenait tout de Tantiquitév elle eherchait À. s'iassimi' ler toute laciviUs^tion detla.*Qr<èoe et* de Rome; la Réforme noi porenait de Tantiq^ité q^e le dé:veloppemept chrétien^ qui a'étaitrposé entadvemaire de cette ^uiSKilisatioUf et elle se bornaijt< à iOpp^si^r à Tinterprétar tion traditiow^Uey Tint^rf^étation individuelle de la Bîblef Jxoa deiAx mounFeiipeojt^,, syJ9(^âliq(l^s au début, se siip^arèrent bientôt». Le plua\ restreint absorba le pkis largef la, Renais ^nee iut . étoufféo/par lar Réforme et pair la.réiactiQn (^tboUqMe qui: laisuivit Lesrdeux mouvements du XYIIP siècle, ajoutés l'un à l'autre^ ont abouti à la révolution française qui, après une période agitée et sanglante, a opéré une heureuse