‹ Rabelais et ses œvresChapitre 130 sur 134 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

transformatiOQ dan&.I^s conditions sociales. Les deux mouYementeco&trariéSida seizième n'ont, après leur période sanglante» abouti qu'à un compromis.

Mais pour n'avoir pas produit son plein effet, le mouvement de la Renaissance n'a pas été stérile ; loîn de là,.:il s'est continué depuis,, discrètement pendant le XYII'' siècle, plus, hardiment pendant le XYUP où il s'est mêlé au mouvement pbilosopUq««v et il poui^suit son^.aietion jusqu'à noa jours.

L'histoire de. ce mouvement se xsonfond avec l'his* tQire de la réputa^^ion de Kabelais. C'est qu'en effet Rabelais,, c'est la Renaissance française. En Italie, oU la Renaissance fut surtout artistique, elle a pour représentant un artiste, peintre, sculpteur, ingénieur, savant, Léonard de Vinci. Ëa^Fisanee la Renaissance, c'est Rabelais. Il en a toutes les traditions et toutes les asfâratioQfi. Avant lui la littéirature française avait dqjà parcouru^deux pério^s, la période féodale, qui avait fourni cette abondante moisson de x^hansoiffî de. gesite et de diansons. d'aventujres dont les littératures étp^ioigères sei sont t enrichies plus tajrd, tandis que nous lési néglig|onSi — puis la période satirique^ la périnâe des . fablkUK, du Renard» des contes gaillards — gaulois, si Ton yeut — pCHirvu qu'oui ne d<»aie pas à ;ce moitié sens, de celtique. Rabelais réunit euflui ces «deux< genres • d'inspiration : le t premier, qui a fait: son temps,, il le^r parodie dans seS' géants et' leurs .exploits fantastiques ; le second> qui par sai nature semblait- destiné à ramper dans les bas fonds du domaine littéiaircf il le relève^ l'agrandit, en fait une épopée d'un genre nouveau, l'épopée du rire, et il le féconde par la pensée dont . il l'anime, il le pénètre des révélations que la Renais-

sance vient d^évoquer; à ce produit mixte de trois inspirations différentes, il insuffle ses idées de réforme et de progrès, et il en fait un livre qui s'appuyant sur tout le passé, s'adresse à la fois au présent et à Tavenir.

Le noi& d'Homère est le type de la Grèce héroïque, Cicéron nous fournit celui de Téloquence romaine , Dante figure le moyen ftge catholique, Shakespeare, c'est le drame, Molière, la comédie ; Voltaire et Rousseau représentent les deux faces de no* tre XVIII* siècle, défauts et qualités. Rabelais est au même titre le représentant de son époque, n en a les défiiuts et les qualités^ la force et les faiblesses, les vices et les vertus, en sorte que nous pouvons dire : en France la Renaissance , ce n'est ni Montaigne, ni Calvin, c'est Rabelais.

Son livre, satirique en apparence, est nettement dogmatique en réalité : c'est un hymne en l'honneur de la adence. Pendant ces longiies étapes du voyage où les obstacles se multiplient, Panurge, la nature vulgaire , laisse échapper un soupir de fatigue : il ne comprend qu'à demi ; mais Pantagruel comprend tout et n'hésite pas ; il a foi dans le but, et il y marche résolument C'est cette persévérance qui nous donne la^ morale de l'œuvre : Vivons en paix, tolérons-nous, aimons-nous et cherchons. La destination de l'homme est la recherche de la vérité. Travaillons sans nous laisser distraire, creusons, sans nous lasser, la mine de la science: «bon espoir glt au fond.»

Fix.

TABLE DES GHÂPITKËS.

OMPITIE X. Um \U. - PuttirMl.

LE MiRiiOB DK PAiTUBGB. ~ 1. La tonsultation 611 écbo.

— 2* Les ricochets et les cleefaes. ~ 8. Les sorts tirgOianes.

— 4. Les songes. — 5. La sibylle de Panzoust. — 6. Raminagrobiset les moines. - 7. Les DSea:it en exil. ~ 8. L'astrolo-

fue et les modes ae dlTination. —9. La consultation des trois, l'avis du théologien. — 10. L'avis du médecin. — 11. La fête de la Jalousie. — 12. L'attrait dn fruit déléndu. -^18. Le salaire du médecin. — U. Le docteur en philosophie et Montaigne. — 15. L'ayis du fou. ~ 16. Kapelais et Molière. -17. Rabelais et Gollin d'Harleville 1

eflAPITRE JU. Lim M. - Piiti|Mel.

I. LE jtras BRiDOTE - 1. Bridoyo devant ses juges. — 2. Sa défense. — 8. Emploi des dés pour juger les procès. — 4. Il ne faut juger les procès qu'à leur maturité. — 5. Comment on fait mûrir les procès. — 6. Bridoye et Brid'oison.-7. Indulgence de Pantagruel pour Bridoye.

Page 1