‹ Rabelais et son uvre (volume 2)Chapitre 132 sur 147 · II. PANTAGRUEL. — III. NOUVELLES DE L'AUTRE MONDE · texte numérisé non relu

II. PANTAGRUEL. — III. NOUVELLES DE L'AUTRE MONDE

velle, les habitants vinrent au-devant du géant et en grande pompe le conduisirent en la ville. < Et furent faits partout beaux feux de joie et belles tables rondes, garnies de force vivres, dressées par les rues. Ce fut un renouvellement du temps de Saturne.»

Pantagruel assembla le sénat et proposa d'emmener en Dipsodie tous ceux qui voudraient bien, la ville étant trop peuplée. «Je crois, dit-il, que cela vous rendra service. > En effet, le lendemain, il se trouva sur la place du palais 1,856,011 hommes, sans compter les femmes et les enfants, tous prêts à partir sous la conduite de leur roi.

Les Dipsodes, en voyant arriver Pantagruel avec sa colonie, ne songèrent pas même à se défendre ; ils s'empressèrent de lui apporter les clés de leurs villes, et tout le monde l'accueillit avec joie, car il s'annonçait, non pas avec les allures d'un conquérant, mais à la manière d'un colonisateur qui amenait des habitants dans un pays où il u'y en avait pas assez.

Une ville cependant, celle des Almyrodes, fit mine de résister. Pantagruel se mit en route pour la réduire. Ce voyage fournit à Rabelais l'occasion de quelques grosses bouffonneries. La petite troupe est surprise par une averse : on ne sait où se mettre pour y échapper. — Serrez-vous autour de moi, dit le géant; puis, quand tout le monde est rangé, il tire la langue et toute l'armée est protégée par ce parapluie de nouvelle invention.

Ici encore Rabelais intervient personnellement. Il s'était caché, dit-il, sous une feuille de bardane, grande quasi comme un pont. On voit que cette plante avait crû dans le pays de Pantagruel. Dans

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