‹ Rabelais et son uvre (volume 2)Chapitre 54 sur 147 · SES BIOGRAPHES. J · texte numérisé non relu

SES BIOGRAPHES. J

mières ne contienDent que les ligures ; ce sont des éditions d'amateurs, et d'un prix fort élevé. Celle de Paris (18G9), qui est une publication populaire, est accompagnée d'un texte, où l'on s'est contenté de reproduire, en d'autres termes, les explications de l'édition variorum.

Pour en finir avec les ouvrages attribués à Rabelais, mentionnons encore, outre l'édition modernisée de Pierre de Provence, que lui attribue une brochure citée par M. Rathery, — le roman Du vraïf et parfait Amour (Paris 1599), prétendue traduction d'un manuscrit grec, dans lequel on trouve mariées les doctrines de la philosophie alexandrine^ les mystères des sanctuaires égyptiens expliqués par le néo[)latonisme, les rêveries de l'alchimie, et les préoccupations architecturales du XVr siècle. On soupçonne Rabelais d'avoir travaillé à cet ouvrage avec l'architecte Guillaume Philandrier, son ami, et quelques autres. Huet, dans son traité De V origine des romans, s'arrête avec une prédilection visible sur cette production, qu'il voudrait et ne peut cependant reconnaître pour authentique. La Bibliothèque des romans (août 1775) en donne une analyse assez étendue.

La plus ancienne vie de Rabelais n'a été composée que près de cent ans après sa mort. Antoine Leroy, qui occupait à cette époque la cure de Meudon, s'éprit d'une vive admiration pour son prédécesseur et il entreprit de recueillir toutes les traditions, de rassembler tous les souvenirs qu'on avait conservés de lui. La légende avait déjà fait son œuvre à cette

époque; cependant les renseignements qu'il donne sur les dernières années de l'écrivain, sur son séjour à Meudon paraissent authentiques et conservent à Rabelais le caractère que nous lui voyons dans les documents contemporains.

Antoine Leroy consigna ces renseignements dans un gros volume latin, en six livres, intitulé Elogia Rabelœsiana, qui est resté manuscrit, et se trouve à la Bibliothèque nationale de Paris. La plupart des biographes de Rabelais y ont puisé largement; Antoine Leroy en a fait lui-même un extrait, imprimé en tête d'un volume in-4°, qui parut en 1649 sous le titre Floretum philosophicum, seu Ludus' meudonianus in terminos totius philosophiœ. C'est un recueil de définitions philosophiques, qui n'ont rien à faire avec le curé de Meudon; mais le titre ajoute: prœmissis diversis Meudonii elogiis et amplissima Francisci Rabelœsii conimendatione. Cette commendatio est en effet très arapie puisqu'elle forme près d'un quart de l'ouvrage. Il y a dans ce livre des exagérations, des puérilités, mais aussi beaucoup de renseignements utiles.

Bernier (1697) a donné, en tête de son Rabelais réformé^ une assez longue analyse du manuscrit latin de Leroy, en y ajoutant diverses anecdotes recueillies par lui et qui sont loin d'être toutes authentiques.

Pendant que Leroy faisait ses recherches à Meudon, l'un des poètes que Richelieu employait à rimer ses œuvres, Guillaume Colletet cherchait aussi des renseignements sur Rabelais ; il les a consignés dans ses Vies des poètes français restées aussi manuscritesà la Bibliothèque nationale. Antoine Leroy

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