‹ Rabelais, la renaissance et la réformeChapitre 3 sur 38 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

bonheur, et, dans un temps où les passions étaient ardentes, j'ai conservé le calme de Vâme et la lucidité de ma raison. Imite:^moi, si vous lepouve\. Ne vous persuade^ pUs d'avance que mon Pantagruel est une énigme inexplicable, ou que mes personnages sont autant de masques cachant des figures historiques. J'écrivais pour mes contemporains, croyant être entendu par eux, et certain que mes symboles ne déconcerteraient point des lecteurs habitués aux allégories de nos vieux poèmes.- Le mythe est, depuis Platon, um forme bien connue, au travers de laquelle des yeux clairvoyants aperçoivent sans trop d'efforts de bonnes et simples vérités. Par elle j'ai exprimé ce que je pensais de quel- ^ ques-uns des problèmes qui préoccuperont toujours les hommes, et de quelques-unes des grandes questions qui intéressaient et tourmentaient mon siècle. C'était une époque difficile, un âge de luttes et d'angoisses : j'ai pu douter parfois, mais toujours avec sincérité. Je n'ai été ni un sectaire.

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