I.B FUR, H
sition d'intérêts dégénère en véritable guerre, susceptible de constituer un danger pour la paix du monde, l'intervention collective des autres États est le sens dans lequel semble de plus en plus s'orienter la communauté internationale. Si la Société des Nations devient apte à remplir ce rôle, ce sera l'une des plus belles et des plus utiles parties de sa lourde tâche. La simple possibilité d'une intervention active — je parle bien entendu d'une intervention susceptible, le cas échéant, de se montrer efficace — sera de nature à faire réfléchir un État oppresseur ou une nationalité turbulente. Chaque fois qu'une solution équitable et modérée remplacera l'application pure et simple de la loi du plus fort, un peu plus de droit aura été introduit dans le monde. Assurer le triomphe du droit sur la force, c'a été, aux âges qui ont précédé le nôtre, le rôle des premiers chefs de cités travaillant à la suppression du droit de justice privée, puis celui de l'État moderne s'établissant sur les ruines de la féodalité. C'est maintenant la raison d'être de la Société des Nations, c'est ce qu'on attend d'elle, et on ne peut concevoir en ce monde une plus haute et plus noble mission.