CHAPITRE IV
Où Ton ¥Olt qae Boston esc une Tille littéraire*
Pendant que nous explorons la ville puritaine, le bureau de location ne cesse pas un instant de la journée d'être plein comme un œuf, la recette sera belle. En effet, on joue le soir, au Grand-Théâtre,
LES HORAGES et LB CHAPEAU D*UN HORLOGER
et l'on fait 1 9,835 francs.
La salle est admirablement composée, mieux qu'à New- York.
Boston est une ville très-riche et très-aristocratique Les toilettes sont splendides, les diamants innombrables^ et, cette fois, une longue file d'équipages particuliers stationne aux abords du théâtre, — lequel théâtre est évidemment l'un des plus beaux, si ce n'est le plus beau qu'il y ait dans le monde entier.
La salle est immense, bien distribuée; pas une place mauvaise. Et tout cela est décoré avec un luxe inouï.
Dans tous les escaliers, de superbes tapis et des vases garnis de ileucs exotiques.
Des salons, des foyers avec des meubles du dernier goût, des tentures et des draperies du meilleur style, et partout des flots de lumière. — C'est merveilleux.
La scène et les coulisses ne sont pas moins belles.
Il y a là des décorations magnifiques , des accessoires à profusion. En ce moment , on est en train de monter avec splendeur la pièce de Macbeth pour les représentations de Forrest , qui va venir jouer à Boston'Thédtre , aussitôt après Rachet.
Ce Forrest est le Frédérick-Lematire américain. 11 a une réputation colossale et des succès furibonds. Il n*est engagé dans aucun théâtre , et joue dans toutes les villes pour la modique somme de quatre cents dollars par soirée (Deux mille cents francs).
C'est ce même Forrest qui a donné jadis des représentations en Angleterre et qui a été reçu d'une si affreuse manière.
Forrest a prétendu que c'était Macready qui avait organisé cette cabale.
Aussi, lorsque le tragédien anglais est venu à New- York pour y jouer son répertoire, il a été hué littéralement.
Forrest , en personne , fit un vacarm9 épouvantable. La ville entière prit part à cette querelle.
Le soir de la première apparition de Muoreddy^ on se battit dans la salle. La garde civique intervint. Plusieurs coups de fusil furent tirés et plus d'un spectateur fut enterré le lendemain. Charmant pays !
Malgré sa grande popularité, Forrest vient d'ôtre con-
damné à faire cjtiînzô mille francs de pension à ^ femme, dont il est séparé judiciairement.
C'est même plus qu'une séparation, c'est un divorce et un divorce assez étrange ; car !a femme seule de Forrest a le droit de se remarier.
Quant à lui , ça lui est parfaitement défendu. Quelles lois
bizarres 1
Pour en revenir à la représentation des Horacei , bous dirons que Teffet produit par mademoiselle Rachel fut très grand , et que le succès obtenu fut immense. Le lendemain on joue