ANGELO
Le lendemain, on fait 12,9i4 francs avec
LE CHAPEAU D'UN HORLOGER" et VIRGINIE.
Pour Àngelo^ on a trouvé à peu près ce qu'il fallait comme accessoires et comme décors; mais pour Virginie^ c'est autre chose; — impossible de se rien procurer. — Au lieu d'un intérieur romain, on a une petite chambre Louis XV. Quand aux accessoires tragiques, absence totale. Pas le moindre dieu lare!... ce qui désole mademoiselle Rachel : elle ne veut pas jouer sans ses dieux lares! — Ça se comprend.
Ce qui est vraiment d'un comique achevé, c'est le dernier acte de cette même Virginie. Le F^rum est remplacé par une vue de nos boulevarts parisiens. Au fond, à gauche, une grande maison avec cette enseigne en grosses lettres : RESTAURÀTïT. Partout dos becs de gaz et des monuments Rambuteau. Pour compléter le pittoresque du décor, il y a au milieu de la rue un tapis à fleurs !
Quand à la figuration de cette tragédie, jamais on n'a rien vu de semblable. Ces figurants sont costumés par le théâtre, qui, habitué à monter des féeries, n'a en magasin aucune espèce de toges ou de tuniques romaines; si bien que les comparses, hommes du peuple, sont tout bêtement vêtus en jockeys^ en Espagnols moyen dgef Quant aux cent licteurs d'J|>piti«, ils sont représentés par une vingtaine de bonshommes impossibles, déguisés en diables : maillots jaunâtres, jupes rouges, collants bleu de ciel} et pour compléter cela, la mouche à l'américaine au menton, une grande pique en ferbianc à la main, et aux pieds de vieilles bott«s éculées. Les Américains eux-mêmes ne peuvent garder leur sérieux devant cette collection de grotesques !
— «08 — le 4 5, première fepréseàtâlîeft de
UOEIM&ELLE U miHUL
DISTRIBUTION
Méiitflew, Mil. uaoeùitiê.
IMAMUglir» RANDOIJX.
Lé Mariais, MUes SARAH.
Haie de àelle-lsle, RA<
»):ia^
La pièce fait grand eflfel, et la recette atteint le chiffre de 4 5,^6e francs I Quelle bonne chose d'avoir abandonné l'académie de musique/
Mademoiselle Racbel n'a pourtant pas dit un étemel adieu à cette lugubre âalié. Elle y retourne, le 16, pour concourir au bénéfice de madame de Lagrange.
On donne le premier acte de
I PURITANI
puis le deuxième d'
ATHALfE
par Rachbl et^ enfin, les deoi derniers actes de
^ I PURITANI
Cela nous a rappelé cette représentation de Tartttfe^ à FOdéon, dans laquelle on intercala, entre le deuxième et le troisième acte du chef-d'oeuvre de Molière, je ue sais plus quelle GOfflédie ea un acte, parce que Bocage ne voulait entrer en scène qu'à une certahie heure.
Ce nouveau point de ressemblance aveo l'Odéon »>mpècba pas cette repréienl&tion d'être fert beUe. Raohel est ma-
gnifique dans Àtbalie, et madame de Lagrange tout-à-fait remarquable dans Eivira.
Après le premier acte, on accable la bénéficiaire, non-seulement d'applaudissements et de bouquets, mais encore de colomJbes apprivoisées. Puisqu'il s'agit de colombes et que ces volatiles, qui traînent depuis si longtemps le char de Vénus, ce qui doit bien les fatiguer un peu, possèdent, avec les chats maigres, le privilège d'être les plus passionnés des animaux, nous profiterons de cela pour vous dire un simple mot d'une certaine société qui fait, en ce moment, les délices de la population new-yorkaise, — la socnÊTil^ de î/a- MOUR LIBRE [Ptee Love League.). Voilà son nom. — Et les membres de cette tendre association s'appellent naturellement « Les amoureux libres. » — (Free Lovers), Cest à New York qu'est établi le quartier général. — C'est au Tabernacle que se tiennent les meetings. — Prix d'admission : 25 cents. — Dans cette société, la grande loi de la sympathie est la seule à laquelle on soit tenu d'obéir ; là, tout mariage est considéré comme non avenu. — D'après le code de l'endroit, tout Free Lover marié a le droit d'abandonner son épouse pour une autre femme qui lui plaît mieux, et, par contre, toute femme mariée peut, à son tour, à la barbe de son époux légitime, répondre aux avances d'un f)ree Lover quelconque avec lequel elle sympathise. — Nous en aurions long à vous raconter là-dessus ; mais le nom seul de cette institution nous dispense de plus amples détails. — L'amour libre ! cela dit tout et bien d'autres choses encore.