‹ Rachel et le nouveau-mondeChapitre 58 sur 88 · LE MOINEAU DE LESBIE · texte numérisé non relu

LE MOINEAU DE LESBIE

pair Ragbbi.

RAGHfiL k L'AMÉRIQUE,

Ode en vers de

M. de TYolftiand,

di4e par Rachel naturellement.

Oa fait ce soir 20,6Qi fr. de recette, et ces 20,601 fr. protestent, par leurs applaudissements frénétiques, contre Tarticle des Débats. Us n'ont jamais été si chauds que cela*I Ça leur prend tout d'un coup. Us y ont mis le temps; mais, enfini mieux vaut tard que jamais. Que leur enthousiasme soit le bienvenu.

fc-'

C'est surtout en entemiaot les vers de M. de XnobfûMn^, leur vengeur du Cotirtw, qulto^se lîvre&i à des^hurcas indéfiniment prolqngés, à de» trépignements vraimeAt «extraor*; dinaires.

Voici l'ode en question .*

RACHEL 1 lAlÉRIQUE.

Teri^do l'avenir fécondé pai^ la foi, Salut 1 Le temps vaincu n'a pas eneor poui; toi Moissonné le passé, que déjà tes semences Couvrent, dans le présent, des horizons immenses. Des espaces plus grands pourtant te sont ouverts. Salut! Tes cieux sont bleus et tes sillons sont verts... Des siècles passeront avant que ta jeunesse De ta géante enfance ait rempli la promesse.

Que de peuples, aux jours de leur maturité,

Ne connurent jamais cette prospérité

Qui rayonne au berceau de la jeune Amérique !

Elle naquit, pareille à la Minerve antique,

Toute armée, — et le monde, à ses premiers exploits,

Reconnut sa puissance et sa force à la fois.

Dormez 1 Dormez en paix dans vos tombes fermées, Héros qui ^ovoibattiez sous le choc des armées, Pour votre indépendance et le pays natal 1 Vous n'avez pas en vain arboré le signal ; ^ Vos fils vous ont suivis. — Votre patrie, altière

À fixé depuis lors, aux plis de sa bannière, . Plus d'étoiles, — tributs d'une féconde paix, —

Que n'en conquit la guerre aux jours de vos hauts faits!

Vous étioK retournés vainqueurs à vos charrues ; Le trawûi aprè» voue a formé^se^ recruesy

'Peuplé la solitude, abattu les forêts.

Ensemencé le sot, moissonné les guérets, Et, sortis du creuset des discordes civiles, Où régnait le désert, improvisé des villes I Amérique I voilà par quels nobles moyens, tu fis de tes soldats autant de citoyens !

C'était à peine hier; aujourd'hui souveraine. Sur les deux Océans elle étend sou domaine, Riche> grande, puissante — et d'un coeur indompté, Elle marche en avant en criant : « Liberté 1 »

Ombre de Washington, contemple ton^ouvrsge; Vois comme a prospéré ton illustre héritage; Reconnais tes enfants à leurs nobles travaux. Ton esprit les conduit en des sentiers nouveaux, Et, les gardant unis comme un essaim d'abeilles, Leur fait compter les jours par autant de merveilles !

Quand de tant de grandeurs un peuple environné Attirait vers ces bords mon esprit fasciné, On m'a dit : N'allez pas sur la rive lointaine Affronter au hasard la vie américaine ; Ce monde est en travail 1 II demande des bras, Et non pas du génie! Il ne comprendra pas La langue de Corneille, étrangère, .inconnue. N'allez pas ! m'a-t-on dit. — Et, moi, je suis Tenue.

Apôlre confiante, avec moi, sous vos cieux, J*ai porté mon espoir, mon oracle et mes dieux ; J'ai parlé devant vous la langue du génie I Pour imposer silence à qui vous calomnie^ Voici votre réponse : Elle est dans cet accueil Qui me gonfle le cœur d'un légitime orgueil 1 Oui, je l'avais senti, toutes les grandes choses Dans rame d'un grand peuple ont leurs apothéoses.

J'emporte loin de vous un profond souvenir, Que rien n'efiGacera, quel que soit Tavenir.

11 me suivra partout dans mon pèlerinage.

Dirigeant mes efforts, animant mon courage.

Et nm gloire sera, mon cœur en est jaloux, Lorsque vous m'adoptez, d'être digne de vous !

Reste k savoir si ces derniers vers sont maintenant la pensée intime de Téminente tragédienne.

Un Américain, monsieur Tailor, avait traduit, en vers anlais, l'ode de M. de Troljfiant. — Cettetraduction, disaiton, était excessivement remarquable. — Ce qui prouve que ce que nous disions tout à l'heure est parfaitement juste, et qu'aux Etats-Unis , comme ailleurs , c'est la masse seule qui est grossière et inintelligente !

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