‹ Rachel et le nouveau-mondeChapitre 60 sur 88 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Où l'on volt ane oeavre dn crû.

Si pittoresque que soit tout ce que vous venez de lire, c'est à cent lieues, pourtant, de Tétrange fantaisie qu'on représente en ce moment à Bowery-Théâtre , et qu'on appelle sur l'affiche avec aplomb : Le bwnbardement de Sébastopol (Bombardment of Sebastopol).

Dans cette œuvre du crû :

40 Les Anglais seuls prennent la tour Malakoff ; il n'y a pas un Français avec eux ;

^0 Un Américain, le comique de la pièce , vient dans le camp russe oiïriv ses services à Gortschakoff, qui les accepte avec reconnaissance. Et il a bien raison, vu qu'un instant après, ce même Américain défait, à lui seul, tout un bataillon anglais, ce qui excite les transports de toute la salle ;

3® Et enfin, il n'y a dans cette étude historique , en fait de Français, qu'un vieux sergent de zouaves I — Du moins on dit que c'est un vieux sergent de zouaves, car il a le costume d'un pécheur napolitain, surmonté d'une calotte grecque.

A propos de théâtre', nous mentionnerons un petit fait qui donnera une idée de la façon dont on entend la démocratie de l'autre côté des mers.

Dans l'Etat de New-York , dans la Pensylvanie , dans le Massachussets, et dans beaucoup d'autres états du nord, où te parti républicain domine, l'esclavage est et demeure àbéiu — Eh bien I c'est just^oaent dans ces états-là que l'on défend aux hommes de couleur d'entrer dans une salle de spectacle. — Dans les états à esclaves, les nègres ont , dans chaque théâtre , une galerie réservée. — Quelles éternelles contradictions!... Que diable peut-on prendre au sérieux dans ce pays-là ?

Enfin, Dieu merci, il est cinq heures et demie. C'est le vrai moment de monter ^ Steam-hoai , et d'en finir une bonne fois avec cette brave ville de New-York.

En vlhgt-einq minutes , nous sommes de l'autre côté de la rivière.

A six heures, nous prenons le raH-road^ train expreis , et à dix heures précises, nous sommes aux confins de l'état de New-York , sur les bords de cette fameuse rivière de la Delaware, qui, seule, nous sépare maintenant de Philadelphie.

Nous quittons nos wagons, nous remontons en steamboat, et nous d^arquons , un quart d'heure après , dans la capitale de la Pensylvanie , la cité des Quakers , comme on l'appelle, l'une des plus riches, des plus belles, des plus florissantes villes des Etats'-Unis d'Amérique.

Fm VE LA GIK^^UIÈMB PÀRTIB.

flMXiAMB PABSIB.

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