CHAPITRE IV
Co canard Men conditionné.
En attendant Theure du départ , nous allons visite» les réservoirs du Fairmont , le cimetière , le collège Girard , le Parc.
Là nous sommes assaillis par une armée de petits écureuils qui nous courent entre les^ambes et qui essayent^ même de nous grimper un peu sur le dos , — comme si nous étions de vieilles connaissances.
Ah ! c*est que ce n*est pas à Philadelphie comme à Boston, on ne peut en faire ici le moindre ragoût , et Ton est à Mimende quand on se permet de les molester. — Etrange fortune que celle de ces petits animaux. — Jadis, pour les empâcher de dévorer le maïs, on a mis leurs têtes à prix, on a dépensé des sommes énormes pour les déduire, et aujourd'hui, ils ont un parc pour demeure et des policemen pour les protéger l ^
En quittasVt ces paisibles habitants du parc philadelphien,
nous voyons sur les murailles une affiche inond^ de points d'exclamation qui tout d*abord attire nos regards. Sur Taffiche, on lit en immenses caractères : . \
« MEURTRE ATROCE ! î 1 1 1 (atrocions murder!)
« Assassinat d'une mère et de ses neuf enfants! 1 !! 1
a Les cadavres de ces innocentes victimes ont été retrou* vés dans les eaux de la Delawarel ! !1 ! »
Puis, en bas, en lettres fort apparentes aussi, on avait ajouté qu'on pourrait trouver tous les détails de ce crime dans un certain journal dont je ne me rappelle plus le nom.
Vous comprenez tous les commentaires auxquels cette affiche a pu donner lieu Les uns disaient que c'était le mari de cette pauvre femme qui l'avait égorgée ainsi que ses infortunés petits enfants.
D'autres, plus modérés, prétendaient qu'il n'y avait aucune espèce d'assassinat là-dedans, et que cette femme, qu'ils connaissaient très-bien^ s'était empoisonnée, pour cause de misère, et avait fait partagej^n suicide à sa trop féconde postérité 1 ^P
Pour av^r le cœur net de tout cela, nous achetâmes de suite le journal en question et nous pûmes enfin savoir le mot de cette lugubre énigme.
C'étaient... c'étaient une chatte et ses neuf petits qu'on avait étranglés et jetés à l'eau !...
Grâce à cette plaisanterie étrange qui mit toute la ville en rumeur, et contre laquelle personne n'eut le droit de protester, ce journal, qui ne se lisait plus, fut vendu, ce soir là, à des milliers d'exemplaires 1
CcAnme ^ le voit, la presse de Philadelphie entend le canard d'une asse^ agréable manière!...
P|V^ minuit sonne ! 6'est l'heure flantastique à laquelle la ikachine infernale doit nous entraîner vers le sud, sur des chemins de fer diaboliques! Allons! allons 1 En route tout le monde, et sauve qui peut !
Filf DK LA SIXifcMB PARTIE.
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