CHAPITRE m
Oft l'on ifH ût» ff minet vamplret et d^ ois^m de^picolf •
Après avoir passé une horrible nuit à Wilmington, affreuse petite ville de la Caroline du Nord, nous arrivons enfin, \e\" décembre, à cinq heures du matin, sans aucune espèce d'accident, à Qiarlestown, dans la Caroline du Sud.
Cette ville est odieusement sale ; en outre, elle est fort laide et bâtie comme on ne bâtit pas !
Nous sommes maintenant en plein esclavage. — On ne peut plus faire un pas sans marcher sur un nègre.
Ils sont même très-polis, les nègres, ici.. . Qui^d ils passent près de bon hlanCf ils le saluent! Si bien que hQn blanc ^ pris ainsi à l'improviste, se figure que ces faux ramoneurs le connaissent, et il est prêt à leur rendre leur salut et à aller causer avec euxl ce qui ferait grand scandale I... \e vous prie de le croire 1
Du reste, ces esclaves n*ont aucunement l'air malheureux I Us sont plus gais qu'à New-York, où ils sont libres comme dans un bois, comme vous savez.
Ici, ils rient toujours ! Quant aux négresses, pourvu qu*elles aient à la bouche une énorme pipe culottée, c*est tout ce qu1l leur faut ! — Ces braves femmes fument du matin au soir, c'est leur tic, leur manie, leur hanneton I
Et elles sont laides, avec ces afireux instruments entre les lèvres ! Enfin !
Une chose charmante, c'est la température que Ton a ici ! Un vrai temps d'été. Partout, dans les jardins, dans les rues mêmes, on voit des rosiers en fleurs, des orangers couverts de fruits I... C'est délicieux!
Ce qui n'est pas délicieux, c'est ce qu'on voit le matin au bord de la mer.
C'est là qu'on vient jeter les immondices de la ville, et c'est là que se donnent rendez-vous cinquante ou soixante vieilles négresses à moitié nues , aux membres décharnés, aux doigts crochus, aux dents blanches et longues, aux petits yeux de bêtes fauves.
C'est repoussant à voir. De vraies têtes de goules ! les femmes vampires des Milie et une Nuits.
Ces vieux monstres fouillent avec leurs doigts dans ces monceaux d*ordures, et mettent de côté ce qui leur semble prenable ou mangeable.
Pour compléter ce tableau, de grands vautours à tôle rouge volètent autour de ces vieilles sorcières, fouillent avec elles dans ces immondices et dévorent, à grands coups de becs, les cadavres putréfiés des animaux morts !
C'est de la sauvagerie toute pure !
GHAPITRB lY.
M Ht laièiMItt riftenneni mv I^cmi.
En attendant que ce bienfaisant climat de CliàHeâtbwA rétablisse définitivement la santé de mademoiselle Rachel, Raphaël s'embafque, pour Tile dé Cuba, à bord an steamer risahel, afin de faire tous les préparatifs nécessaires pour les représentations de ta grande tragédienne à la Havane^
Le f Ô décembre, c*est-à-dire quelques jours après le départ de son directeur, la Ptench Company doiine udè représentation au théâtre de Charlestown. On joue :