‹ Rachel et le nouveau-mondeChapitre 71 sur 88 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

OU ron s'efBltarqiic pour les Anttllct

Pendant cet représentations, VIêàbel est reveau d» ki Bavane avec des lettres de Raphaël Félix. Les affaires marchent bien là-bas. Les abonnements sont nombreux. Les piastres eneoffibrent la eaîsa». Ce qu^oa a de mieux à faire, o*eft donc de s^emlMurquer leut bonnemeat sur ce sième steamer Uabel el (}*aller retrouver à Oàba, th$ Dirn^or Ma^Jmël Félùù. C'est ce qu'on fait.

Le capitaine met fort galamment sa cabine à la disposition de nademoisoBe BaeheL et de madem^iaelle Sarah, qui t'empressent ë'aoeepter, tu que la eabiae 6$t sur le peat et qu'eHie eftt neitleure que toutoa lee autres.

Le 19, à dix heures du matin, TlMl^f c^iUe le port de Ckariestowa; nous lavgeoi», le leoéemaî», les cèles de la Géorgie ; nous nous arrêtons un instant devant ^awumàhy la capitale de cette même Géorgie, pour preadre de aeaveaux {M»8agefs^.et, qaektaee heaveaafrèa, aouatoagetae les eètaa 4e la Floride^ où se trpi|vent en ce au)meat 6,000' lailieBt

révoltég contre lesquels fes Btats^Ciiis tkmntSftf d'entrefer plusieurs régiments. Vers le soir, nous voyons un bois de palmiers en flammes. C'est un signal des Indiens.

C'est excessivement comfmode pour cela, ces pay6*-ci. Vous voulez indiquer à un ami que vous êtes dans un endroit quelconque; vous mettez le feu à une forêt et tout est dit. Le 21 décembre, Vliàbel aborde à Key-Wtn, petit port dé la Floride, habité setrleoietlt par des écmûeurs def tuer, des nègres et des sauvages.

Dans lè simple but, je le suppose, de Voir dé pfèê ces hôtes légèrement pittoresques, madeffîoiselte Rddiel, quî h'estt décidément pas d'une galté folle quand eHë approche du tropique, consent, pour la première fbis depuis! l^embarqoement, à firanchir le 96uil de lù cabine du capititine. Bien plus, ô prodige, eBese hasarde, au brss de ce ïùëttte capitaine, et entourée de sa nombreuse fan^ille, à faire un tou^ quelconque dans un admirable bois, ma foi, une vraie serre Chaude, très-chaude, même, où les palmiers et lés cocotiers poussent comme chez eux, où le cactus fleurit avec uhe foti- Rté efiTrayante. Là, là grenade s'entr'ouvre d'elle-même devant votre soif ; le citron vous tombe tout mûr dans la

bouche ; là les oiseaux mouches remplacent nos hannetons ; les papillons sont gros comme des moines, et lés cigales chantent des grands airs d^O^ra.

Quant en se trouve , tout d'un coup, ftice à fkc^ avec cette nature luxuriante, on se figure que ça n^eèt posât" rivé. Vrai, cela vous fait juste l'effet d*un cinquième acte de féerie.

Pendant que la famille Félix se promèhe au sein de cei plantes grasses, les autres membres de French-Company* pnoflftent de ddh pour rèVer sur ta plage.

Elle est très-bumide la plage, de plus, ornée d*éponges, de coquillages vivants et de serpents bien plus vivants encore.

A preuve, c'est que Tun de ces derniers, voulant probablement aussi jeter quelques bâtons dans les roues de Ten- (reprise Félix, s*élance sur plusieurs tragédiens présents, et essaye de les dévorer. ^

Il lui faut du tragédien, à ce serpent, il n'y a pas à dire ! Gourmand !

Randoux ne perd pas la tète ; et, d'une voix qui domine le bruit ^s flots, il entame le récit de Théramène.

Il en était à peine à la moitié, que le reptile était déjà profondément assoupi.

A Teffet que lui produit ce morceau de littérature, comme on reconnaît bien vite, en cet ophidien, un citoyen des Etat8« Unis !

Nous abusâmes lâchement de son sommeil pour Tinonder de coups de bâton, et « quand il se réveilla, il était mort. •

(On m'a demandé dernièrement si ce fait était historique, — et si véritablement la tragédie avait cette influence sur les serpents de la Floride. — Que l'on consulte le premier erpétologiste venu et Ton verra ce qu'il en dira I)

Après cet exploit, ou cet assassinat, comme on voudra, nous -regagnons le steamer Isahel, qui, sans perdre de temps, nous emporte loin de ce pays véritablement fantastique et tout à fait merveilleux, serpents à part 1

Le lendemain, par un magnifique soleil levant, nous entrons à toute vapeur dans Tadmirable rade de la Havane, où Ton nous reçoit à grandissimes coups de canons. — C'est très-gai.

Une chose assez gaie encore, c'est de voir tous les vais-

seaax en rade transformés en bateaux de blanchisseuses.

Sur les mâts, sur les vergues^ partout, on voit des vestes qui sèchent au soleil et des culottes qui polkent au gré des vents.

Cette fois, au moins, aucune sérénade ne (nanque, comme à New-York, et pour une raison bien simple, c'est que personne ne songe à donner la moindre sérénade à la grande tragédienne !

Mademoiselle Rachel débarque donc au milieu d'une population parfaitement tranquille et qui a l^^^n goût de ne fatiguer aucunement Tillustre voyageuse par d*eunuyeuses acclamations.

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