‹ Racine (volume 2)Chapitre 51 sur 82 · Henriette, duchesse d'Orléans, belle-sœnr da Boi · texte numérisé non relu

Henriette, duchesse d'Orléans, belle-sœnr da Boi

BÉRÉNIGfi 215

SOUS la plume de Racine. Les trois personnages de la pièce, s'ils n'ont pas toujours un langage tragique, ont du moins une façon de penser élevée : ce sont des âmes généreuses, a Ils sont héros par le cœur et les sentiments, et semblent disputer entre eux de grandeur d'âme ^. 9 Si le ihème, cinq actes durant, est toujours le même, les variations en sont modulées avec une grâce infinie. Mais cela ne suffît pas: il faut de Faction au théâtre, et ici l'action • manque. Qu'est-ce donc qui fit le succès de la pièce? C'est que, sous les noms de Bérénice et de Titus, tout le monde entendait et voyait Louis XiV avec Madame elle-même. Elle avait fait proposer secrètement ce sujet à Racine et à Corneille, à l'insu l'un de l'autre, curieuse de voir mettre sur la scène par deux grands poètes ce qui était en partie sa propre histoire, t Elle se ressouvenait, dit Voltaire, des sentiments qu'elle avait eus longtemps pour le Roi, et du goût vif de ce prince pour elle, d Le danger de cette passion, la crainte de porter le trouble dans la famille royale, les noms de beau-frère et de belle-sœur, leur conseillèrent la prudence, et peut-être la sagesse. Dans quelle mesure ? Il est difficile de le savoir, a Mais il resta dans leur tour une inclination secrète, toujours chère à l'un et à l'autre. Ce sont ces sentiments qu'elle Souhaita de voir développer sur la scène, autant

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