‹ RacineChapitre 51 sur 64 · LE CHOEUR · texte numérisé non relu

LE CHOEUR

Roi, la voici qui revient. Elle répondra elle-même à tes quev^ lions.

Iphigénie reparaît, sortant du temple et portant la statue.

THOAS

Eh quoi I d'où vient, fille d'Agamennon, que vous transportez dans vos bras la statue de la Déesse, qui ne doit point quitter sa place?

IPHIGÉNIE

Roi, arrêtez le pied au seuil de ce temple.

THOAS

Qu'est-il donc arrivé d'extraordinaire dans ce temple, ô prêtresse?

IPHIGÉNIE

Une abomination: c^est le respect des choses saintes qui m*arrache ce mot.

Quel étri'^nge début! Pariez clairement.

IPHIGÉNIE

Les victimes dont vous vous êtes emparés sont im* pures.

THOAS

Qui vous Fa appris? N'est ce qu'une supposition?

IPHIGÉNIE

La Statue de la Déesse a reculé de sa place en se

détournant.

THOAS

D'clle-mêmey ou par reflet d'un tremblement de terre ?

IPHIGÉNIE

D'elle-môme, et elle a fermé les yeux pour ne point voir.

THOAS

Quelle en est la eau e? Est-ce la souillure de ces

étrangers?

IPHIGÉNIE

Oui, c*est cela seul: car iU ont commis un horrible crime.

Ont-ils égorgé quelque voyageur sur le rivage ?

IPHIGÉNIE

Us sont venus chargés d'un meurtre domestique.

THOAS

Lequel ? Parlez.

IPHIGÉNIE

Ils ont assassiné leur mère ensemble. ••

THOAS

Et c'est pour cela que vous portez dehors la slutu3 de la Déesse.

IPHIGÉNIB.

Oui» je Fexpose à Tair pur, pour la délivrer de Fodeur du sang.

THOÂS.

Et comment avez-vous découvert le crime de ces deux étrangers?

IPHIGÉNIE

La statue de la Déesse, en se détournant avec horreur, ne me Ta-t-elle pas fait comprendre ?

La Grèce vous a donné un esprit pénétrant, pour avoir ainsi deviné... Mais, dites-moi, qu'allons-nous faire de ces deux hommes?

IPHIGÉNIE

Nous devons observer la loi qui nous est imposée.

THOAS

Eh bienl l'etu lustrale et le glaive ne sont-ils pas prêts?

IPHIGÉNIE

Je veux d*abord purifier les victimes par de saintes ablutions.

THOAS

Est-ce dans Teau des ^ources, ou dans les flots de la mer?

IPHIGÉNIE

C'est la mer qui lave le mieux toutes les souillures des mortels.

THOAS

Les victimes alors redeviendraient pures, et pour raient être offertes à la Déesse.

IPHI6ÉNIE.

Et moi je pourrais procéder bien et dûment au sacrifice.

THOAS

Eh bien! les flots de la mer viennent se briser au pied du temple.

rPHIGÉNIE.

Cette cérémonie veut de la solitude: nous avoni> d'autres choses à faire.

THOAS

Menez-les où vous voudrez. Je ne demande pas h voir les mystères.

IPHIGÉNIE

Je dois purifier aussi la statue de la déesse.

THOAS

Oui, puisque la tache du parricide Ta souillée.

IPHIGÉNIE

Sans eela, je ne l'aurais jamais tirée de son sanc* tuaire.

THOAS

Je loue votre piété et votre prudence. Toute la ville a bien raison de vous admirer.

IPHIGÉNIE

Sav6z-voas ce que vous devez me faire maintenant?

THOAS

Vous n*avez qu'à dire.

IPHIGÉNIE

Ghargez-moi de chaînes ces deux étrangers.

Où pourraient-îls fuir?

IPHIGÉNIE

La Grèce ne connaît guère la bonne foi.

THOÀS.

Eh bioni gardes, qu'on les enchaîne.

IPHIGÉNIE

Et puis, qu'on les amène ici.

THOAS, aux gardai.

Vous entendez?

IPHIGÉNIE

Qu'on leur voile la tête.

THOAS

ÂGn qu'ils ne paissent voir le soleil ^.

IPHIGÉNIE

Donnez-moi aussi une escorte.

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