‹ RacineChapitre 53 sur 64 · Manteau · texte numérisé non relu

Manteau

Accomplissez à loisir les cérémonies sacrées.

IPHIGÉNIE

Puisse celle eipialion réussir selon mes souhaits !

THOAS

Je joins mes vœux aux vôtres

Ou je me trompe fort, ou tous les spectateurs athéflieas souriaient de plaisir pendant ce dialogue, qui tient plus de la comédie que de la tragédie. Il peut nous paraître singulier qu'une pièce dont les deux premiers tiers appartiennent à la terreur, à la pitié, au pathétique le plus noble et le plus puissant, n'ait, pour remplir le dernier tiers, que cette espèce de conte d*enfants; mais je suis sûr que cela ne déplaisait pas aux Grecs. Tout cela ensemble ne compose-t-il pas une tragi-coméJie très romantique?

Les prisonniers, la statue, la prêtresse, ont bientôt fait de s'embarquer et volent sur les flots vers Argos. Thoas, lorsqu'il apprend leur fuite, ordonne qu'on les poursuive, — comme le Géronte de Scapin, voulant envoyer la justice en pleine mer après le Tm*c qui lui enlève son fils. — Heureusement Pallas Athènè descend du del fort à propos, et annonce qu'on voudrait en vain s'opposer au dessein d'Oreste, conseillé et conduit à

sa fin par les Dieux. La statue de Diane sera portée dans l'Altique, et adorée sons le nom de Diane Tciurique en mémoire de ces événements.

Telles sont les principales scènes de ïlphigénie en Tauride. Par les faits, la pièce paraîtrait la suite dUphigénie à Aulis ; cependant elle fut composée et représentée auparavant : et plusieurs détails, qui ne se raccordent point, montrent que ces deux pièces ne faisaient pas partie d*un même ensemble, de ce qu'on nonmiait une trilogie.

On conçoit bien que la beauté des deux premiers tiers ait vivement frappé Racine et lui ait donné l'envie de transporter cette pièce sur notre scène, en l'y adaptant. Il en prépara donc un premier acte en prose, de la manière que l'on va voir. Mais une fin qui pût convenir au public français était difficile à trouver, et le poète apparemment y renonça.

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