‹ RacineChapitre 54 sur 64 · SCÈNE PREMIÈHB · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈHB

fphigcnie vient avec une captive grecque, qui, s'étonnant de sa tristesse, lui demande si c'est quelle est affligée de ce que la fête de Diane se passera sans qu'on lui immole aucun étranger.

— a Tu peux croire, dit Iphigénie, si c*est là un sentiment digne de la fille d'Agamemnon. Tu sais avec quelle répugnance j'ai préparé les misérables que Ton a sacrifiés depuis que je préside à ces cruelles cérémonies. Je me faisais une joie de ce que la Fortune n'avait amené aucun Grec pour cette journée, et je triomphais seule de la douleur commune qui est répandue dans celte ile ^, où Ton compte pour un présage funeste de ce

1. Ou plutôt presqu'île. C'est la Crimée. Voltaire appelait la pièce de Guimond de La Touche sur ce même si;get : Iphigénie en Crimée.

que * nous maaquons de victin es pour celte lête. Mais je ne puis résister à la secrète tristesse dont je suis occupée depuis le songe que j'ai fait cette uuit. i ai cru que j'étais à Mycènes, dans la maison de mon père : il m'a semblé que mon père et ma mère nageaient dans le sang, et que moi-même je tenais un poignard à la main pour en égorger mon frère Oreste. Hélas ! mon cher Oreste !

Page 1