GRECQUE
IPHIGÉNIB.
Qu'avez-vous, Prince ? D'où vient ce désordre, et cette émotion?
LE PRINCE
Madame, je suis cause du plus grand malheur du monde •Vous savez combien j'ai détesté avec vous les sacrifices qu'on fait dans cette île : je me réjouissais de ce que vous seriez dispensée aujourd'hui de cette i'uneste occupation ; et cependant je sois cause que vous aurez deux Grecs à sacrifier.
IPHIGÉNIB.
Comment, Seigneut ?
LE PRINCE
On m'est venu avertir que deux jeunes hommes étaient environnés d'une grande foule de peuple, contre lequel ils se défendaient. J'ai couru sur le bord de la mer : je les ai trouvés à la porte du temple qui vendaient chèrement leur vie, et qui ne songeaient chacua qu'à la défense de Tautre. Leur courage m'a piqué de générosité. Je les ai défendus
moi-même, j'ai désarmé le peuple, et ils se sont rendus à moi. Leurs habits les ont fait passer pour Grecs : ils Tont avoué. J'ai frémi à cette parole ; on les a menés, malgré moi, à mon père, et vous pouvez juger quelle sera leur destinée. La joie est universelle, et Ton remercie les Dieux d'une prise qui me met au désespoir. Mais enfin, Madame, ou je ne pourrai, ou je vous affranchirai bientôt de la malheureuse dignité qui vous engage à ces sacrifices. — Mais voici le Roi mon père.
SCÈNii; IIL