‹ RacineChapitre 62 sur 64 · LE MESSAGER · texte numérisé non relu

LE MESSAGER

Il ayait d'un taureau la redoutable forme,

De couleur azuré, son col était courert

Jusqiies au bas du front d'une hure à poil vert».

Son oreille étiit droite, et ses deux cornes dures

Longues, se bigarraient de diyerses peintures.

Ses yeux étinceiaient; le feu de ses naseaux

Sortait en respirant comme de deux fourneaux .

Son estomac épais lui hérissait de mousse ;

Il avait aux côtés une grand'tache rousse.

Depuis son large col, qu'il élevoit crineux,

Il monbroit tout le dos doublement épineux.

Il avait au dirrière une monstreuse taille

Qui s'a rmoit jusqu'au bas d'une pierreuse écaille.

Le rivage trembla. Les rochers, qui n'ont peur

Du fiiu de Jupiter, en frémirent au cœur.

Les troupeaux épandus laissèrent les campagnes;

Le berger, pâlissinl, s'enfuit dans les montagnes.

Le chasseur effrayé quitta cordes et rets,

Et courut S3 tapir dans le sein des forêts.

Sans doute' des sangliers, ni des ours, car U crainte

Du monstre a dans leur cœur toute autre p3ur éteinte.

Seul demeure Hippolyte, à qui la peur n'etreint

L'estomac de froideur, et le front ne déteint.

U tient haute la face et grave d'assurance :

« De mon père, dit-il, c'est l'heur et la vaillance

i. Cette hure à poil vert peut rendre des points aux écailles jau- .•iêsantes du monstre de Racine. Au reste, le Diable — dragon que Raphaël met sous les pieds de saint Michel archange (voir au salon carré du Louvre) est dans les mêmes nuances et dans le môme goûU

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