‹ Racine et ShakespeareChapitre 39 sur 61 · COMPLIMENT A MONT · texte numérisé non relu

COMPLIMENT A MONT

COMPLIMENT POUR LA FIN DK J.’oUVRACE DE GRAMMAIRE. 22 mars 181 R

Milan ne sent peut-être pas tout l’avantage de posséder dans son sein l'un des deux meilleurs hommes chez lesquels existe encore, en ce siècle sérieux et rembruni, le feu sacré de la poésie. Celui qui, accablé des chagrins que les révolutions ont si fort multipliés autour de nous, veut soulager son àme avec un peu de belle poésie nouvelle, est obligé d’ouvrir les œuvres de lord Byron ou celles de notre immortel Monti. La France et l’Allemagne sont muettes ; le génie poétique, éteint chez ces nations, n’est plus représenté que par des foules de versificateurs assez élégants; mais le feu du génie manque toujours; mais si on veut les lire, toujours l’ennui, comme un poison subtil, sc glisse peu ù peu dans l'Ame du lecteur; ses yeux deviennent petits, il s’efforce de lire, mais il bAille, il s’endort, et le livre lui tombe des mains.

Qu’il y a loin de cette triste manière d’être qui termine

QU’EST-CE QUE LE ROMANTICISME ? 2m tous nos efforts pour lire les poètes contemporains, au feu qu’on sent courir dans ses veines en lisant la Mdscheroniana ou les élégies!

Redoublons donc d’hommages envers le grand homme que Milan, plus heureuse que toutes les autres villes de l’Ilalie, possède dans son sein. Réchauffons le feu sacré qui l’anime, et, tout en applaudissant au travail si utile qu’il vient d’entreprendre, écrions-nous au milieu de nos hommages :

« Ah! ne vous perdez pas dans les épines du langage, n’imitez pas Alfieri qui perdit les années si précieuses encore de l’âge mûr dans la vaine étude du grec; donneznous encore de beaux vers vous le pouvez si vous le voulez; ne désespérez pas de votre génie! Si vous ne voulez pas courir les chances dangereuses de l’invention, suivez les traces de Cesarotti ; il nous a donné un Ossian, que les Anglais eux-mêmes viennent étudier avec respect, tant il est plus beau que l’original. Traduisez, ô grand poëte ! 1 * * 4 et, malgré vous, en traduisant, vous serez encore original, sublime, magnifique, et nous dirons encore, en parlant d’avance le langage de la postérité :

« Nous possédons dans nos murs le seul homme qui a su égaler le Dante, l’Arioste et le Tasse. »

1 Vaine prière! je la lui ai faite ; il m’a boudé pendant un mois.

(Note d'un inconnu.)

1 Conseil fort sage. Motili eu va devenir furieux. La raison est de l’eau pour lui; car il est hydrophobe.

(Note 4’un inconnu. Ainsi que la note précédente, die est de la main qui a écrit le fragment de lettre ci-annexé )

Page 1