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DE L'ÉDITEUR III

connaissance approfondie, réfléchie, qui seule peut projeler quelque lumière neuve sur l’œuvre en discussion. Aussi se trouva-t-il bien armé pour les querelles lilléraires à une heure où la doclrine classique pariout comballue se réduisail, ou à peu près, à une théorie du théâtre. Pendant plus de dix ans il s’élail acharné à écrire des lragédies classiques ou des comédies à l’imülalion de Molière. El pour renoncer à ces essais, il lui fallut comprendre enfin que ce n'élait vraiment pas là sa nature : qu’on ne fail pas des œuvres d’arlen accumulani des recherches sur les lois du comique.

Il semblail alors avoir renoncé à écrire.

Îl voyageail et élait entre lant devenu réellement amoureux. Mais la chute de l'Empire lui avail occasionné de grands soucis ; el quand, pour se procurer des ressources, il repril sa plume, il songea que s’il n’avail rien d'un auleur dramalique il pourrail bien au contraire posséder de réelles qualilés criliques. Ayant beaucoup lu, beaucoup relenu, beaucoup observé, il ne manquait point d'idées générales malgré ce qu’en ail voulu prélendre Emile Faguel en un long jour de hargne. Ce sont ces idées générales qu'il glisse avec adresse el opportunilé dans ses premiers écrits, imprimant à des faits el des jugements nellement démarqués, un ton lout à fait personnel. Ses premiers livres,

les Vies de Haydn, de Mozart et de Métas- Lase, comme l'Histoire de la Peinture en Italie el Rome, Naples et Florence en 1817 contiennent ainsi à l’élat d’ébauche l’essentiel de ce qui va constituer sa doctrine romantique.

M. Pierre Martino, dans la Préface qu’il a mise en lêle de sa parfaile édition critique de Racine et Shakspeare chez Champion, a très clairement analysé comment, à parlir de 1806, les théories lilléraires de Beyle ont évolué peu à peu el comment son élude constante du théâtre l’amena aux côlés des romantiques avec lesquels au début il n’avail de commun qu'une seule idée : il faut faire du nouveau et non plus copier les siècles qui nous ont précédés.

Voilà le fruit de ses médilalions. Il y revient sans cesse el, si la formule en varie suivani les circonstances, le fonds en demeure à peu près loujours identique : ce qui plaisait autrefois ne nous plait plus, ce qui paraissait comique ne nous fait plus rire.

Chaque auteur travaille pour la société de son temps. Les mœurs changent sans cesse et il faut s’adapter aux mœurs de l’époque où l’on écrit.

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