‹ Racine et ShakspeareChapitre 34 sur 72 · Hector est de Luce de Lancival. N. D, L. E · texte numérisé non relu

Hector est de Luce de Lancival. N. D, L. E

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ouvrages, tant pour le style que pour l'ordonnance, est conforme aux préceptes et aux exemples des bons écrivains du vieux temps, lesquels n’ont vécu, lesquels ne sont devenus classiques que parce que, tout en cherchant des sujets nouveaux, ils n’ont jamais cessé de reconnaître l’autorité de l’école. Je ne vois réellement que Corinne qui ait acquis une gloire impérissable sans se modeler sur les anciens; mais une exception, comme vous savez, confirme une règle.

N'oublions pas que le public français est encore plus obstiné dans ses admirations que les auteurs dans leurs principes ; car les plus classiques renieraient demain Racine et Virgile si l’expérience leur prou:

vait une fois que c’est un moyen d’avoir du génie. Vous regrettez qu’on ne vous joue pas Macbeth. On l’a joué, le public n’en a pas voulu; il est vrai qu’on n’y voyait ni le sabbat des sorcières, ni le choc guerrier de deux grandes armées se heurtant, se poussant, se culbutant sur le théâtre comme au mélodrame, ni enfin sir Macduf arrivant la tête de Macbeth à la main.

Voilà, monsieur, le fond de ma doctrine ou de mes préjugés. Cela n’empêchera pas les romantiques d’aller leur train; mais je voudrais qu’un écrivain aussi positif

eb aussi clairvoyant que vous voulût bien nous montrer ce qu'est, ou plutôt ce que peut être le Romantique dans la littérature française, et relativement au goût qu'elle s’est fait. Je n’aime pas plus que vous la fausse grandeur, le jargon des ruelles et les marquis portant des perruques de mille écus 1; je conviens avec vous que cent cinquante ans d’Académie française nous ont furieusement ennuyés. Mais ce que les anciens ont de beau et de bon n’est-il pas de tous les temps ? Au surplus, vous dites qu'il nous faut aujourd'hui « un genre clair, vif, simple, allant droit au bul ». Il me semble que c’est une des règles des classiques, et nous ne demandons pas autre chose à MM. Nodier, Lamartine, Guiraud, Hugo, de Vigny et consorts. Vous voyez, monsieur, que nous nous entendons beaucoup mieux qu'on ne le dirait d’abord, et qu’au fond nous combattons presque sous le même drapeau. Excusez mon bavardage, et recevez l'expression de mes sentiments les plus distingués ?.

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