‹ Racine et Victor HugoChapitre 35 sur 118 · V. HUGO ET LA POÉSIE FRANÇAISE AU XIX- SifiCLE · texte numérisé non relu

V. HUGO ET LA POÉSIE FRANÇAISE AU XIX- SifiCLE

la poésie française ne comporte pas un sentiment de juste milieu. Qui n'est que juste en pareille matière est froid, et celui qui s'approche des poètes et des dieux avec une âme froide, que vient-il faire dans le temple? Mieux vaut un ennemi passionné que ces indifférents tièdes et fades dont l'Éternel déclare avec dégoût qu'il les « vomira de sa bouche * ». Aussi, lorsqu'on est une de ces natures sensibles auxquelles Victor Hugo procure des jouissances et des souffrances presque égales, on pourrait être tenté de faire succéder à l'excès de la louange une critique non moins excessive, si un instant de réflexion ne suffisait pas pour comprendre ce que l'absence de mesure aurait ici de puéril et de peu philosophique.

Le philosophe allemand Kant a remarqué (et il n'était peut-être point nécessaire d'être Kant pour faire une remarque aussi simple) que la plupart des visages parfaitement réguliers sont insignifiants et n'annoncent que des individus médiocres. Tout mérite éminent, de quelque nature qu'il soit, se manifeste généralement au dehors par un dérangement des proportions dont le rapport idéal compoi,e une figure régu-

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