‹ Racine et Victor HugoChapitre 59 sur 118 · V. HUGO ET LA POÉSIE FRANÇAISE AU XIX- SltCLE · texte numérisé non relu

V. HUGO ET LA POÉSIE FRANÇAISE AU XIX- SltCLE

tous les philosophes, de tous les mages, de tous les illuminés, de tous les idéologues possibles retentissent et miroitent dans ses vers • et dans sa prose, composant une partie de ce prodigieux vocabulaire de noms propres qui nous assourdissent et nous aveuglent comme les pétards de son feu d'artifice; mais cette vaste érudition ne va pas plus loin que la surface des choses : Victor Hugo n'a saisi les doctrines de la philosophie comme de la religion que par les côtés extérieurs et sensibles qui touchent l'imagination plutôt que la pensée.

Nous possédons aujourd'hui un poète, M. Sully Prudhomme, dont la grande modestie serait blessée de s'entendre nommer à côté de Victor Hugo, mais dont le mérite original et rare consiste justement à être un penseur dans toute la force du terme, penseur si exact et si scrupuleux qu'on le verra, dans le travail de l'expression, faillir plutôt à l'image qu'à l'idée. Docte et profond autant que délicat, il a jeté sa sonde droit au cœur de toute doctrine divine et humaine, il en a pesé le fort et le faible, et il sait en exprimer l'essentiel avec une précision substantielle et grave qui rend sa lecture plus ins-

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