‹ Racine. Textes choisis et commentésChapitre 102 sur 130 · SCÈNE VIII NÉRON, NARCISSE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII NÉRON, NARCISSE

XÉRON

lié bien ! de leur amour tu vois la violence, Narcisse : elle a paru jusque dans son silence !

Elle aime mon rival, je ne puis l'ignorer ;

Mais je mettrai ma joie à le désespérer.

Je me fais de sa peine une image charmante;

Et je l'ai vu douter du cœur de son amante.

Je la suis. Mon rival t'attend pour éclater :

Par de nouveaux soupçons, va, cours le tourmenter ;

Et tandis qu'à mes yeux on le pleure, on l'adore.

Fais-lui payer bien cher un bonheur qu'il ignore.

NARCISSE, seul.

La fortune t'appelle une seconde fois,

Narcisse ; voudrais-tii résister à sa voix?

Suivons jusques au bout ses ordres favorables ;

Et, pour nous rendre heureux, perdons les misérables.

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