‹ Racine. Textes choisis et commentésChapitre 119 sur 130 · SCÈNE V AGRIPPINE, BURRHUS · texte numérisé non relu

SCÈNE V AGRIPPINE, BURRHUS

AGRIPPIXE

Quel attentat, Burrhus !

BURRHUS

Je n'y pourrai survivre.

Madame ; il faut quitter la cour et l'empereur.

agrippest:

Quoi ! du sang de son frère il n'a point eu d'horreur !

BURRHUS

Ce dessein s'est conduit avec plus de mystère. A peine l'empereur a vu venir son frère, H se lève, il l'embrasse, on se tait ; et soudain César prend le premier une coupe à la main : « Pour achever ce jour sous de meilleurs auspices, Ma main de cette coupe épanche les prémices. Dit-il. Dieux, que j'appelle à cette effusion, Venez favoriser notre réunion. »

Par les mêmes serments Britannicus se lie. La coupe dans ses mains par Narcisse est remplie ; Mais ses lèvTes à peine en ont touché les bords. Le fer ne produit point de si puissants efforts, Madame : la lumière à ses yeux est ra\ie ; H tombe sur son lit sans chaleur et sans vie. Jugez combien ce coup frappe tous les esprits : La moitié s'épouvante et sort avec des cris;

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Mais ceux qui de la cour ont un plus long usage, Sur les yeux de César composent leur visage. Cependant sur son lit il demeure penché; D'aucun étonnement il ne paraît touché : « Ce mal dont vous craignez, dit-il, la violence, A souvent sans péril attaqué son enfance. » Narcisse veut en vain affecter quelque ennui, Et sa perfide joie éclate malgré lui.

Pour moi, dût l'empereur punir ma hardiesse, D'une odieuse cour j'ai traversé la presse ; Et j'allais, accablé de cet assassinat,^ Pleurer Britannicus, César et tout l'Etat.

AGRIPPINE

TiC voici. Vous verrez si c'est moi qui l'inspire.

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