‹ Racine. Textes choisis et commentésChapitre 29 sur 130 · RACINE ET LA CRITIQUE · texte numérisé non relu

RACINE ET LA CRITIQUE

n'était point homme à se laisser attaquer sans se défendre, et ses préfaces en témoignent.

'( On ne fait point tant de brigues contre un ou\Tage qu'on n'estime pas, écrit-il dans la première préface d'Alexandre. On se contente de ne le plus voir quand on l'a vu une fois, et on le laisse tomber de lui-même, sans daigner seulement contribuer à sa chute. Cependant j'ai eu le plaisir de voir plus de six fois à ma pièce le \'isage de ces censeurs. Us n'ont pas craint de s'exposer si souvent à entendre une chose qui leur déplaisait. Ils ont prodigué hbéraleraent leur temps et leurs peines pom* la venir critiquer, sans compter les chagrins que leur ont peut-être coûtés les applaudissements que leur présence n'a pas empêché le public de me donner. » Dans la seconde préface, il discute sur un ton plus rassis les obser^^ations de ses juges, notamment à propos de Ponis, qu'on lui reproche d'avoir montré sous un jour plus héroïque et plus grand qu'Alexandre, par quoi le ^Tai titre de la pièce serait Poru? Je Grand et non Alexawlre le Grand.

En dépit de la réponse « qu'il n'y a pas un vers dans la tragédie qui ne soit à la louange d'Alexandre; que les invectives mêmes de Porus et d'^Vxiane sont autant d'éloges de la valeur de ce conquérant », l'observation subsiste, et Racine en reconnaît involontairement la justesse quand il convient que c Porus a peut-être quelque chose qui intéresse davantage, puisqu'il est dans le malheur ». Mais il n'y est point dans tout le cours de la tragédie, et c'est bien lui qui, par l'héroïsme de son attitude, sa fierté un peu sauvage, son patriotisme exaspéré, relève la pièce et en fait quelque chose de plus qu'un carrousel sentimental.

11 faut citer, à cet égard, toute la scène ii de l'acte II entre Porus, Ephestion, l'envoyé d'Alexandre, et Taxile, le prince hésitant qui finit par se ranger au parti d'Alexandre.

ALEXANDRE

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