‹ Racine. Textes choisis et commentésChapitre 63 sur 130 · SCENE VI CHICANEAU, PETIT-JEAN · texte numérisé non relu

SCENE VI CHICANEAU, PETIT-JEAN

CHiCANEAU, ollmil d ïevenanL La Brie, Qu'on garde la maison, je reviendrai bientôt. Qu'on ne laisse monter aucune âme là-haut. Fais porter cette lettre à la poste du Maine, Prends-moi dans mon clapier trois lapins de garenne, Et chez mon procureur porte-les ce matin. Si son clerc \ient céans, fais-lui goûter mon vin. Ah ! donne-lui ce sac qui pend à ma fenêtre. Est-ce tout? n viendra me demander peut-être Un grand homme sec, là, qui me sert de témoin, Et qui jure pour moi lorsque j'en ai besoin : Qu'il m'attende. Je crains que mon juge ne sorte ; Quatre heures vont sonner. Mais frappons à sa porte.

PETIT- JE AN, enlr' ouvrant la porte.

Qui va là?

CHICANEAU

Peut-on voir monsieur?

PETIT-JEAN, fermant la porte.

Non.

CHICANEAU, frappant à la porte.

Pourrait-on Dire un mot à monsieur son secrétaire?

PETIT-JEAN, fermant la porte.

Non.

CHICANEAU, frappant à la porte.

Et monsieur son portier?

PETIT-JEAN

C'est moi-même.

CHICANEAU

De grâce.

Buvez à ma santé, monsieur.

PETIT-JEAN, prenant Vargoû.

Grand bien vous fa^se !

{Fermant la porte.) Mais revenez demain.

OHICANEAU

Eh ! rendez donc l'argent !

Le monde est devenu, sans mentir, bien méchant. J'ai vu que les procès ne donnaient point de peine : Six écus en gagnaient une demi-douzaine, Mais, aujourd'hui, je crois que tout mon bien entier Ne me suffirait pas pour gagner un portier. Mais j'aperçois venir madame la comlesse De Pimbesche. Elle vient pour affaire qui presse.

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