‹ Racine. Textes choisis et commentésChapitre 8 sur 130 · A LAUDES · texte numérisé non relu

A LAUDES

Astre que l'Olympe révère, I >oux espoir des mortels rachetés par ton sang, Verbe, Ms éternel du redoutable Père, Jésus, qu'une humble Vierge a porté dans son flanc,

Affermis Tâme qui chancelle ; Fais que, levant au ciel nos innocentes mains, Xous chantions di^ement et ta gloire immortelle Et les biens dont ta greke a comblé les humains.

L'a'^tre avant-coureur de l'aurore, ] )u soleil qui sapproche annonce le retour ; Sous le pâle horizon l'ombre se décolore ; Lève-toi dans nos cœurs, chaste et bienheureux jour î

Sois notre inséparable guide.

Du siècle ténébreux perce Tobsciu-e nuit ; Défends-nous en tout temps contre l'attrait perfide De ces plaisirs trompeurs dont la mort est le fniit.

Que la Foi, dans nos cœurs gravée.

D'un rocher immobile ait la stabihté ; Que siu- ce fondement l'Espérance élevée Porte pour comble heureux lardente Charité.

Gloire à toi, Trinité profonde, Père, Fils, Esprit saint : qu'on t'adore toujours. Tant que l'astre des temps éclairera le monde, Et quand les siècles même auront fini leur cours.

A \ KPRES

Créateur des humains, grand Dieu, souverain maître De ce vaste univers,

Qui, du sein de la terre, à ton ordre, vis naître Tant d'animaux divers,

A ces grands corps sans nombre et différents d'espèce,

Animés à ta voix, L'homme fut établi par ta haute sagesse,

Pour imposer ses lois.

Seigneur, qu'ainsi ta grâce à nos vœux accordée

Règne dans notre cœur; Que nul excès honteux, que nulle impm'e idée

N'en chasse la pudeur.

Qu'un saint ravissement éclate en notre zèle ;

Guide toujours nos pas ; Fais d'une paix profonde, à ton peuple fidèle.

Goûter les doux appas.

Kt'gne, ô Père éternel. Fils, Sagesse incréée.

Esprit saint, Dieu de paix.

Qui fais changer des temps l'inconstante durée,

Et ne changes jamais !

[Il y a là une sûreté d'expression qui n'est point liabituelle aux débutants. Au contraire, dans les sept odes inspirées par le paysage de Port-Royal, nous avons le premier jet du })oète. Et cela est encore bien faible, bien liésitant, en dépit de la jolie inflexion de certains vers. Écoutons ceux-ci, assez bizarrement intitulés : le Paysage en gros.]

Page 1