A LAUDES
Astre que l'Olympe révère, I >oux espoir des mortels rachetés par ton sang, Verbe, Ms éternel du redoutable Père, Jésus, qu'une humble Vierge a porté dans son flanc,
Affermis Tâme qui chancelle ; Fais que, levant au ciel nos innocentes mains, Xous chantions di^ement et ta gloire immortelle Et les biens dont ta greke a comblé les humains.
L'a'^tre avant-coureur de l'aurore, ] )u soleil qui sapproche annonce le retour ; Sous le pâle horizon l'ombre se décolore ; Lève-toi dans nos cœurs, chaste et bienheureux jour î
Sois notre inséparable guide.
Du siècle ténébreux perce Tobsciu-e nuit ; Défends-nous en tout temps contre l'attrait perfide De ces plaisirs trompeurs dont la mort est le fniit.
Que la Foi, dans nos cœurs gravée.
D'un rocher immobile ait la stabihté ; Que siu- ce fondement l'Espérance élevée Porte pour comble heureux lardente Charité.
Gloire à toi, Trinité profonde, Père, Fils, Esprit saint : qu'on t'adore toujours. Tant que l'astre des temps éclairera le monde, Et quand les siècles même auront fini leur cours.
A \ KPRES
Créateur des humains, grand Dieu, souverain maître De ce vaste univers,
Qui, du sein de la terre, à ton ordre, vis naître Tant d'animaux divers,
A ces grands corps sans nombre et différents d'espèce,
Animés à ta voix, L'homme fut établi par ta haute sagesse,
Pour imposer ses lois.
Seigneur, qu'ainsi ta grâce à nos vœux accordée
Règne dans notre cœur; Que nul excès honteux, que nulle impm'e idée
N'en chasse la pudeur.
Qu'un saint ravissement éclate en notre zèle ;
Guide toujours nos pas ; Fais d'une paix profonde, à ton peuple fidèle.
Goûter les doux appas.
Kt'gne, ô Père éternel. Fils, Sagesse incréée.
Esprit saint, Dieu de paix.
Qui fais changer des temps l'inconstante durée,
Et ne changes jamais !
[Il y a là une sûreté d'expression qui n'est point liabituelle aux débutants. Au contraire, dans les sept odes inspirées par le paysage de Port-Royal, nous avons le premier jet du })oète. Et cela est encore bien faible, bien liésitant, en dépit de la jolie inflexion de certains vers. Écoutons ceux-ci, assez bizarrement intitulés : le Paysage en gros.]