LES CYCLES
On peut encore déterminer la classe d'une permutation par la méthode plus expéditive, dite des cycles, due à Cauchy. Considérons une permutation quelconque,
8, 6, 12, 1,5, 14, 2, II, i3, i5, 4, 9, 3, 10, 7;
plaçons au-dessus de chacun de ses termes les nombres de la suite naturelle, ainsi qu'il suit :
Nombres : i, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, i3, 14, i5; Pions: 8, 6, 12, i, 5, 14, 2, 1 1, i3, i5, 4, 9, 3, 10,7.
Au-dessous du nombre i se trouve le numéro 8; au-dessous de 8 le numéro 1 1 ; au-dessous de 1 1 le numéro 4, au-dessous de 4 nous retrouvons le numéro i . On forme ainsi
Premier cycle : i, 8, 11,4;
en partant du nombre 2, on forme
Second cycle : 2, 6, 14, 10, i5, 7;
204 Huitième récréation.
en partant du nombre 3, qui ne figure pas dans les cycles précédents, on forme
Troisième cycle ; 3, 12, 9, 1 3;
enfin il reste le cycle formé par un seul nombre
Quatrième cycle : 5.
Il est facile de voir que l'échange de deux pions quelconques augmente ou diminue d'une unité le nombre des cycles de la permutation, suivant que les pions échangés appartiennent au même cycle ou à des cycles différents. Par suite, la variation du nombre des cycles est de mêaie parité que le nombre des échanges entre les termes de la permutation. Donc :
Théorème III. - Deux permutations appartiennent à une même classe ou à deux classes distinctes, suivant que les nombres de leurs cycles sont ou ne sont pas de même parité.
Pour déterminer la classe, on remarquera que la permutation suivant Tordre naturercontient un nombre de cycles égal au nombre des éléments de la permutation ( ' ) .
(*} Le numéro du ib septembre 1880 du journal la Nature contient un article intitulé : Le dernier mot du taquin, par M. Piarron de Mondésir. On y retrouve, sous une forme peu difFérente, le procédé des cycles. Si l'on range les cycles en deux ordres, suivant qu'ils contiennent un nombre pair ou impair de termes, on a le théorème suivant •. Deux permutations appartiennent à la première classe ou à la seconde, suivant que le nombre des cycles d'ordre pair est pair ou impair. D'un autre côté, ce résultat m'a éié indiqué par M. Delannoy, ancien élève de l'École Polytechnique.
Le jeu du taquin. 20 5