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LA. GEOMETRIE DE SITUATION

UN des hommes à qui les sciences doivent le plus de découvertes, et surtout le plus de vues originales et fécondes, Leibniz, était persuadé que l'analyse des géomètres ne pouvait s'appliquer à toutes les questions de la philosophie naturelle. Pour soumettre au calcul les rapports des différents corps, considérés uniquement dans Tordre de leurs positions, il souhaitait qu'on inventât une Géométrie nouvelle qu'il a nommée Geometria sitiis, c'est-à-dire Géométrie de situation (^). «Après tous les progrès que j'ai faits en ces matières, écrivait-il à Huygens à la date du 8 septembre 1679, je ne suis

(M Histoire de VAcaiémie royale des Sciences de Paris pour l'année 1771 ; p. 55.

Introduction,

pas encore content de l'Algèbre, en ce qu'elle ne donne ny les plus courtesvoyes^ ny les plus belles constructions de Géométrie. C'est pourquoy, lorsqu'il s'agit de cela, je croy qu'il nous faut enccr une autre analyse proprement géométrique ou linéaire, qui nous exprime directement situm, comme l'Algèbre exprime magnitudinem. Et je croy d'en voir le moyen et qu'on pourrait représenter des figures et mesme des machines et mouvemens en caractères, comme l'Algèbre représente les nombres ou grandeurs; et je vous envoyé unessay qui me paroist considérable (' j. ^> Leibniz est revenu souvent sur cette idée fondamentale, notamment dans ses remarques ingénieuses sur \QJeu du solitaire, que 'on doit considérer comme le point de départ des remarquables travaux du docteur Reiss et du capitaine Hermary, exposés et développés dans notre cinquième Récréation.

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