BIOGRAPHIE DE CARDAN
La vie de Jérôme Cardan est l'une des plus étranges et des plus extraordinaires dont il soit fait mention dans l'histoire des sciences; c'est un tissu d'extravagances, d'actions incohérentes, viles et parfois criminelles, puisqu'il en vint à assassiner un homme qui l'avait volé au jeu. Scaliger a dit de lui qu'il était supérieur à tous les hommes, mais que souvent il descendait plus bas que les petits enfants; Leibniz, qui l'a déclaré fou et insensé, n'en admirait pas moins la supériorité de son esprit. •
L'un des premiers, Cardan trouva la résolution de l'équation du
(') M. le docteur O.-J. Broch, président de lacommissioa du rojaume de Norwége à l'Exposition universelle de 1878, m'a dit que, dans son pay?, les habitants des campagnes se servent encore du baguenaudier pour fermer leurs bahuts et leurs sacs.
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troisième degré et démontra la formule qui porte encore son nom ; il entrevit la résolution de l'équation du quatrième degré, que l'on doit à son disciple Ferrari; il imagina un appareil employé dans la marine pour la suspension des boussoles, et probablement aussi l'engrenage connu sous le nom de joint universel.
Né à Pavie, en i5oi, il professa successivement la dialectique, la métaphysique, les mathématiques ; il exerça la médecine à Milan, de 1529 à i55o; après avoir parcouru l'Ecosse, l'Angleterre, les Pays-Bas et l'Allemagne, il revint à Milan, où il vécut encore quelques années, partageant son temps entre le travail, la débauche et le jeu. Son fils aîné, médecin comme lui, empoisonna sa femme, et fut décapité; son second fils tomba dans de grands désordres ; il le fit incarcérer plusieurs fois, puis lui coupa l'oreille et finalement le chassa de sa maison. Enfin il termina son existence infortunée, à Rome, à l'âge de soixante-quinze ans; il était alors pensionné par le pape Grégoire XIII. Scaliger et de Thou prétendent qu'ayant fixé lui-même l'année et le jour de sa mort, il se laissa mourir de faim pour que sa prédiction fût justifiée. La Nouvelle Biographie générale (Firmin Didot) contient une longue et intéressante biographie de Cardan, par M. Victorien Sardou, de laquelle nous avons extrait quelques-uns des renseignements qui précèdent.
Le jeu du baguenaudier, 167