‹ Radioactivité de l'air en montagneChapitre 18 sur 25 · IX · texte numérisé non relu

IX

d'utilisation de l’appareil. La moyenne de ces mesures correspond à la radiation globale pénétrante à laquelle s'ajoute le rayonnement propre du radon en équilibre.

c) Les deux séries de mesures (a, b), le nombre connu d'ions dû à la radiation globale pénétrante (nombre moyen 10 1ons/cc/sec aux conditions normales locales, III, 25), la quantité connue de radon introduite dans le récipient, permettent de tracer une abaque bilogarithmique dont l’utilisation est très commode : de la mesure du temps T correspondant à la teneur en radon de l'échantillon d'air étudié, on déduit le nombre d'ions par centimètre cube et par seconde captés à l’intérieur du récipient. En retranchant de ce dernier le nombre correspondant à la radiation globale pénétrante, il suffit de multiplier le nombre ainsi obtenu par un facteur constant déduit de l’étalonnage (teneur en radon correspondant à 1 ion).

d) Cette méthode d’étalonnage est dangereuse à employer pour un appareil délicat (If, 45) qui serait définitivement hors d'usage par l'introduction d’une trace de radium élément. |

Aussi, pour éviter la souillure accidentelle est-il bon d’étalonner l'appareil par comparaison avec un autre appareil étalonné directement. C’est ce que j'ai fait pour le deuxième dispositif à balance de torsion (45 c).

Voici comment je procède :

J'attends qu’une période de grande activité se présente à l’intérieur de l'habitation (19). Je choisis une pièce dont les issues ferment bien. J’y transporte les deux appareils, que j'emplis de l'air de la pièce, par la méthode de « lavage » aux pressions respectives normales d'utilisation (46 b, c). Je fais les mesures comme d'habitude, trois heures après le prélèvement, mesures d’où je déduis les caractéristiques de l'appareil à étalonner. Si l'expérience est recommencée plusieurs fois, la moyenne obtenue peut être d'une bonne pré-

cision.,

48. Correction des mesures. — Toutes les mesures effectuées sur des échantillons d'air qui ont été prélevés dans des conditions différentes des conditions normales d'utilisation pour lesquelles l’appareil a été étalonné, donnent des résultats qui doivent être corrigés.

a) Cas de l'appareil à feuille d’or, où la pression d'air est égale à la pression ambiante (46 b) :

La quantité totale de radon R contenu dans le récipient de mesure qui a été empli d'air actif prélevé aux conditions de pression et de température p, T (température absolue) est :

P R—=#k T où k est une constante.

La teneur en radon mesurée sera :

qui, ramenée aux conditions normales p,, T, devient : E=kE et EE. Gi) 0 PTo Cette correction ne suffit pas ; en effet l'appareil a été étalonné en curie, la pression et la température de l’air contenu dans le récipient ayant leur valeur normale locale (540 mm. + 15° C.). Pour des conditions voisines, on peut étendre la formule de correction donnée par Mme Curie pour les conditions normales (23), 760 mm. + 15° C. :

Correction à ajouter :

p étant exprimé en mm. de mercure, { en degrés centigrades ; avec la formule (1) on a :

EE [r + |0,0007 T (540 — p) + 0,002 ({ — 15).

5ho ({ + 273) C p.288

b) Cas de l'appareil à balance de Coulomb, où la pression d’air est de 2000 g. cm? (46 c) :

Dans les procédés de prélèvement que j'utilise avec cet appareil, j'ai supposé que la pression finale à l'intérieur du récipient était constante, parce que la température à laquelle on fait les mesures reste toujours voisine de la température normale + 15°C., à laquelle l'appareil a été étalonné. Pour des températures très différentes, il y a lieu d'adopter une pression finale corrigée (*) (pression proportionnelle à la température, absolue).

Soit alors E la teneur mesurée pour un échantillon d’air prélevé aux conditions de pression et de température p, { ; la teneur rapportée aux conditions normales adoptées pour létalonnage de l’appareil sera donnée par la formule (1) :

54o (£ + 273) E, — E p . 288 49. — Etalonnage par la méthode des barboteurs. — La

méthode des barboteurs, décrite dans tous les traités classiques (24), est utilisée toutes les fois qu’on désire étalonner directe-

ment un appareil en curie. Comme j'ai employé quelques artifices particuliers, Je décrirai succinctement ma façon d’opérer.

Le sel étalon radifère (?) est préparé par les chimistes de l’Institut du radium, malheureusement sa teneur en radium-

élément,

5,60 10-°7 gramme par gramme (25)

Fig. DT. —MBars SEE : boteur en verre (*) Cette correction est plus difficile à appli- seclle

quer dans le cas du second procédé de prélèvement ; aussi, la précision obtenue est moins bonne.

(2) Carbonate de baryum chimiquement pur, radifère. Mlle Chamie a eu l’amabilité de me procurer quelques décigrammes de

ce sel,

est 10 à 100 fois trop forte (1) pour que je puisse en utiliser directement une quantité mesurable avec précision, 0,1 g. Il convient donc de fractionner cette quantité.

a) Barboteurs : en verre Pyrex travaillé au chalumeau oxy-acétylénique. Forme nouvelle facilitant leur fabrication ; capacité 15 cm (fig. 21).

b) La balance que j'utilise pour les pesées, /a merlleure de toutes celles dont je dispose, est en très mauvais état : couteau

Fig. 22. — Artifice pour utiliser une vieille balance.

usé en forme de méplat. Un artifice très simple me permet, malgré tout, de faire des pesées à 1 1 Ro pres sur une masse de 1 dg. : pour éliminer les perturbations causées par le méplat, il suffit de faire travailler le fléau de travers (fig. 22). | c) Dissolution : il est absolument nécessaire d’utiliser des produits parfaitement purs; acide chlorhydrique chimiquement pur (?) que l'on distille une, deux et même trois fois au

(:) Elle a été choisie de façon à étalonner facilement les appareils destinés à l’étude du gaz des griffons de source (I, 8).

(2) Mile Aïtoff m’a procuré un échantillon d'acide chimiquement pur. Qu'elle veuille bien trouver ici mes remerciements.

dernier moment; eau bidistillée (eau de neige distillée). En effet les moindres impuretés provoqueraient un trouble de la solution radifère, cause d’erreurs qui peuvent devenir considérables, le radon étant retenu par occlusion dans les particules solides du précipité.

d) Fractionnement : le sel, pesé sur deux lamelles de verre superposées est introduit au fond d’un ballon de 500 cm environ; cette opération doit se faire sans qu'aucune trace de sel ne vienne se répandre sur les parois du ballon (fig. 23). Le sel est ensuite humecté puis dissout lentement, en évitant les éclaboussures à l’intérieur du ballon. Celui-ci ayant

F- PM Jamelle

Fig. 23. — Manière d'introduire le sel radifère au fond du ballon.

été taré au millième ({), on ajoute de l’eau légèrement acidulée de façon à avoir une masse totale de solution également connue au millième, 200 g. par exemple. Cette solution, stabilisée une dizaine d'heures, peut servir à emplir les barboteurs étalons de petite capacité.

e) Un autre procédé consiste à préparer un barboteur avec tout le sel pesé (o g. 1). Le radon accumulé est recueilli dans un ballon de 500 cm° jaugé au millième, dans lequel on a, au préalable fait le vide. Le ballon est ensuite fermé à la lampe. Après un certain temps, au minimum queues heures, pendant lequel le mélange gazeux a pu se stabiliser dans le ballon, et le radon se détruire partiellement, on prélève une

1) Les balances « Roberval » d’épicier sont excellentes pour cela lorsqu’elles sont neuves.

fraction de ce mélange que l’on envoie dans l’appareil à étalonner.

Ce mode opératoire est peu précis : il est en effet difficile d'évaluer exactement la fraction prélevée, à cause des perturbations apportées par le volume des tubulures, et par l’adsorption du radon par les parois de verre.

.f) Exemples de pesées :

Tagzeau XI

l Il À : 0,10004 gr. à Æ 0,00004 0,10000 gr. à Æ 0,00004 BAN00 SMS TRAEENO, 1 200 2 0 ECO, C:2,0028 gr. à Æ 0,0102 1,990 gr. à 0,0005

1,1 ; pal 5,6800. 1071 gr. à Æ

Dia 8020 10mer ae I 000

A : Pesée de sel radifère corrigée (!).

B : Pesée de la solution du ballon, corrigée.

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