CHAPITRE IX
Appareils portatifs pour la mesure des faibles teneurs en radon.
50. Appareil à feuille d’or. — Bien que cet appareil ait été décrit dans un mémoire antécédent (13), je répéterai ici ses caractéristiques essentielles :
a) Récipient étanche en zinc commercial de o mm. 5
robinet
Fig. 24. — Schéma de l’appareil d’ionisation à feuille d’or.
d'épaisseur; volume 2900 cmÿ. Sur la partie supérieure : robinet pointeau avec bout d'attente recevant la tubulure d'admission ; valve (t) d'admission recevant la tubulure de la
pompe aspirante (figure 19).
(:) Les valves « Schrader » suffisent lorsqu'elles sont bien réglées.
6o HUBERT GARRIGUE
b) Electroscope : lampe support de feuille d’or de . ho x 1 mm. 5. Feuille d’or de 35 X 1 mm., d'épaisseur 0,09 & (figure 24). Système de protection par gouttière, qui permet également de charger l’électroscope.
c) Observation de la feuille d’or par un microscope coudé incorporé dans l’appareil, muni d’un micromètre oculaire.
d) Un petit récipient monté sur un joint en caoutchouc peut être garni de desséchant (Sodium).
Je consacre le paragraphe suivant à décrire avec quelques détails la technique employée pour le montage de la feuille d’or. À
51. Montage de la feuille d’or. — «) On découpe une série de bandelettes dans un carnet de doreur, au moyen d’une lame de rasoir neuve, et l’on sélectionne celles dont la tranche n’a ni bavure ni cornière.
b) On prépare sur une lame de verre un mélange de colle
ù à la gomme arabique et de glycérine (10 à 30 o/o). Ce mélange doit être additionné d’eau, s'il est trop visqueux.
c) On prépare une « spatule » en papier blanc de quelques millimètres de large sur 50 mm. de long. On en coude, à angle droit, une extrémité,
sur 2 à 3 mm., l’arête de l’angle Fig. 25. — Préparation étant oblique, puis l’on recoupe la de EL des tranche AB suivant A'B' (figure 25), qui servira à porter un trait de colle
sur la lame support de feuille d’or.
d) Le trait de colle doit être très léger et tracé perpendiculairement à la grande dimension de la lame; l’obliquité du coude de la « spatule » permet d'effectuer cette opération sans difficulté (figure 26).
Il faut recommencer l'opération, après avoir lavé à l’eau, à
alcool, puis à l’éther, la lame, si le trait est oblique ou empâté : la feuille d’or dévierait mal, et risquerait de se déchirer.
e) La bandelette d'or, saisie au moyen de pinces brucelles par l'extrémité qui doit être collée, est apportée sur la lame qui a été
disposée horizontalement à l'abri des courants d'air.
On la laisse « couler »
bien verticalement, en commençant par l’extrémité de la lame opposée au trait de colle, jusqu'à
ce qu’elle vienne y adhérer (figure 27). On tire alors sur la pince d’un
Fig. 26. — Manière d'opérer pour tracer le trait de colle.
mouvement contraire pour sectionner la bandelette d’or au niveau du trait, et l'on recoupe son extrémité libre en ja
déchirant sur le tranchant d’une lame de rasoir.
Mmouvernent
érail de colle
Fig. 27. — Manière de placer correctement la feuille d’or.
f) Cette méthode permet d'obtenir des électroscopes où la feuille d’or, de très petites dimensions, dévie correctement. Une des précautions les plus importantes consiste à polir « optiquement » la lame support de feuille d’or, à abattre ses arêtes, et à la nettoyer, avant le montage, à l’éther et à la gaze pharmaceutique, car la moindre trace d’impureté provoque un collage accidentel et souvent irrémédiable de la
feuille d'or.