INTRODUCTION
4. — J'ai publié dans le Journal de Physique(r) une étude sur les conductibilités anormales en courant continu de liquides purs. La plupart des mesures ont été effectuées au Laboratoire d'électricité de la Faculté des Sciences de Montpellier, mais les mesures électrométriques sur la conductibilité du benzène ont été continuées à l'Observatoire du Pic du Midi, altitude 2 860 m.,au début de l'hiver 1931.
Or j'ai trouvé dans toutes les expériences, une fuite considérable à l’intérieur du boîtier de l’électromètre utilisé.
J'ai d’abord cru qu’il s'agissait d’une défectuosité d’isolement Mais les soins apportés aux différents montages m'ont fait penser que les fuites provenaient d’une production continue, dans le boitier de l’électromètre, d’une assez forte quantité d'ions des deux signes.
C’est pour trouver l’explication exacte de ce phénomène que j'ai entrepris les travaux dont on trouvera ici une des-
cription résumée.
2.— L'accueil que j'ai reçu à l'Observatoire du Pic du Midi m'a permis de mener à bien une tâche difficile : l'installation complète d’un laboratoire de radioactivité, sans lequel aucune mesure n’était possible.
Les ressources sont venues de la Caisse des Recherches Scientifiques, de la Caisse Nationale des Sciences.
Les conseils bienveillants et éclairés de MM. Ch. Maurain, Directeur de l’Institut de Physique du Globe de Paris, Ed. Salles, P. Auger, Hollweck, m'ont aidé et encouragé dans les recherches au Laboratoire et en montagne, recherches qui sont, pour une station de l'altitude du Pic du Midi, une suite ininterrompue de luttes contre les éléments. Que tous veuillent trouver ici l'expression de ma profonde reconnaissance.
3. Sommaire. — Les fuites de l'électromètre (À) avaient leur origine dans l’ionisation spontanée de l’air contenu dans le boîtier de l’électromètre. |
J'ai mis en évidence que cette ionisation spontanée, lorsque l'air était enfermé en vase clos, avait une période propre de décroissance voisine de 3,85 jours ; que la radiation globale pénétrante, mesurée au laboratoire était plus forte à l’époque des neiges, en même temps que l’atmosphère de l'habitation de l'Observatoire du Pic du Midi devenait très riche en radon.
D'où provenait ce radon? Des fissures du sol de la montage, et la neige, en forte épaisseur d'octobre à juin, jouait le rôle d'écran semi-imperméable canalisant le radon à l’intérieur de l'Observatoire qui est entièrement enseveli sous la neige en hiver. £
Suivant quelles lois apparaissait ou disparaissait ce radon ? Lorsque le vent souffle sur la face abrupte et déneigée de la montagne, la pression aérodynamique oblige l’air des fissures à filtrer vers les faces enneigées. C'est alors qu'on trouve entre la couche de neige et le sol, l’air le plus actif, le plus chargé en radon.
Sous l’influence de la dépression causée par le vent sur la face opposée à la direction d’où il souffle, ce radon se dégage lentement en traversant la neige poreuse, et l’air libre, au voisinage du sol, est alors plus actif que l’air normal.
Ce phénomène était-il particulier au Pic du Midi? Non. Quelques mesures, malheureusement très restreintes, ont montré l’existence de fortes teneurs en radon sous la neige aux Pics Costallat (Pyrénées centrales), Ganigou, Puig Barbet (Pyrénées orientales).
4. L'Observatoire du Pie du Midi. — Avant d'entreprendre l'exposé de mes travaux, voici quelles sont, dans leurs gran-