INCIDENCE DES. RAYONS
On peut encore simplement obtenir une image trompeuse par l'incidence des rayons comme le montre la radiographie d’un fœtus intra-ulérin en présentation de l'épaule, observée par M. Cathala, Par suite de la direction des rayons, le fætus donne Fapparence d’être comprimé en boule comme le fœtus ectopin de la précédente observation.
L'absence de visibilité de lutérus ne permet pas de reconnaître si le fœtus est dans la cavité utérine ou en dehors d’elle, et de faire le diagnostic si l’exameu clinique n’a pas révélé la présence d’un utérus vide à côté du sac fœtal. :
Allant plus loin M. Siredey montre que non seulement la radiographie ne permet pas souvent de faire un diagnostic, mais que parfois elle l'égare. Il rapporte le cas
suivant : « Un de mes anciens élèves m'avait adressé une jeune femme de ses clientes dont le ventre augmentait de volume depuis quelque temps. Séparée de son mari depuis près d’un an, en instance de divorce, cette jeune femme présentait dans la partie inférieure de lPabdomen une masse globuleuse assez régulière, médiane, puis suspecte. Bien qu’elle prétenditn’avoir jamais cessé de voir régulièrement ses règles, elle ne pouvait en fixer les dates, elle paraissait chercher à nous tromper à ce propos.
Les seins, un peu tendus, fermes, n'étaient le siège d'aucune modification caractéristique. Par le palper de l’abdomen, la masse globuleuse, médiane, que l’on sentail à l’hypogastre ressemblait à un utérus gravide de trois mois environ.
Néanmoins une exploration génitale attentive m'avait donné l’impression d’un kyste de l’ovaire droit, refouant à gauche et en arrière l’utérus qui me semblait de dimensions normales.
Je fis examiner la malade par deux de mes collaborateurs.
L'un d’eux, médecin expérimenté, conclut à une grossesse, l’autre se montra plus hésitant.
La jeune femme, désireuse d’avoir une solution, nous pressait de conclure. Je refusai de prendre une décision et je la renvoyai à quinzaine.
A un nouvel examen la tumeur avait légèrement grossi, et chacun de nous resta sur ses positions. Je demandai une radiographie qui fut faite avec de réelles garanties par quelqu'un d’expérimenté, On nous déclara
Ye
que la tumeur renfermait deux taches nettes, dont chacune répondait à un squelette fœtal. Ce résultat dépassant les espérances les plus optimistes me parut excessif et peu concluant.
Néanmoins j’usai de toute mon influence sur la malade pour retarder une intervention chirurgicale qu’elle désirait. À
Un nouvel examen, pratiqué trois semaines plus tard, dut reconnaître nettement un kyste, et la concession que je faisais au radiologue était de supposer que, contre toute vraisemblance, il s’agit peut-être d'un kyste dermoïde. 11 n’en fut rien. Mon ami le Dr Niier assista à l'opération, qui permit d’enlevér sans trop de difficultés, un gros kyste banal renfermant un liquide clair, dans lequel on ne rencontra aucune production solide, et en particulier ni dents, ni poils, en dépit de l’image trompeuse qui nous avait été remise. L’utérus n’était pas augmenté de volume. Il fut conservé et la malade guérit rapidement. »
Nous voyons donc que ce procédé d’examen radiologique direct ne permet pas d'aboutir à un diagnostic certain de gestalion ectopique. On ne doit lui accorder qu’une confiance limitée, car les faits observés sont trop imprécis, les causes d’erreurs trop nombreuses.
Il nous faudra donc recourir à des moyens plus complexes. Nous allons étudier ceux qui peuvent être utilisés. | É