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Paris, le 15 brumaire an 1 de la République lise une el indivisible.
Le Ministrede la guerre au citoyen Raffet, général de brigade.
Je vousobserve, citoyen général, que, conformément à un anvié du gouvernement en date du 8 nivôse an vm, je ne puis vous admettre au traitement de réforme que vous réclamez, parce que vous n'avez pas fait partie de l'armée à l'époque du 18 nivôse an iv et n'avez pas été employé depuis ; mais comme vos blessures peuvent vous donner des droits à la retraite, je vous invite à m'en transmettre des certificats dans les formes prescrites par l'art. 39 de la loi du 28 fructidor an vh sur la solde de retraite.
Je vous salue.
Signé : Alex. Berthier.
Les premières années de Raffet n'eurent rien de particulier, si ce n'est qu'il annonçait des goûts militaires très-prononcés; du reste, à cette époque de nos grandes guerres, ce penchant était assez généralement celui des enfants de Paris; tantôt grenadier de la vieille garde ou lancier polonais, selon que le manche à balai faisait l'office du fusil ou de la lance, Raffet réunissait dans sa cour, rue Saint-Antoine, 86, les troupiers de son voisinage, tous guerriers de huit à dix ans, et les partageait en deux camps; l'ennemi prenait ses positions au coin des rue Saint-Antoine et Culture-Sainte-Catherine, tandis que l'armée française dont il prenait toujours le commandement établissait ses avant-postes auprès du corps de garde et de la fontaine de Birague, et gardait sa réserve au bas des marches de l'église Saint-Paul; alors, à un
signal donné, les deux armées s'ébranlaienl aux cri de leurs chefs, mais souvent, au moment où le combal em blaii le plus archarné, un sauve-qui peul général retentissail sur toute la ligne! c'étail l'apparition du sui e ou du bedeau qui-, une canne ou un fouel à la main, mettait les combattants en fuite, ou bien encore l'arrh ée dej ma mans qui, au lieu de les attaquer de front, s'emparaient de leurs derrières, ne faisanl aucun quartier, pas même aux vainqueurs! '
Hélas! ions ces jeux, tous ces plaisirs <le l'enfance allaient bientôl cesser. I n jour le père de RaiTet, qui exerçail un modeste emploi à la poste aux lettres, fui trouvé morl assassiné dans I»' bois de Boulogne; son meurtrier l'avail dépouillé d'une petite somme d'argeni qu'il portail sur lui.
La mère de notre ami ne se laissa poinl abattre par un coup aussi funeste; elle lit comprendre à son fils qu'ils venaient de perdre leur soutien et qu'elle allait chercher à s'occuper pour pourvoir à leurs besoins, tandis que lui irait à l'école en attendant qu'il fût assez grand pour travailler. Raffet entrait dans sa neuvième année : « Oui, répondit-il, je vais me dépêcher d'apprendre à lire, et bientôt je prendrai un métier pour gagner beaucoup d'argent. »
La pauvre mère s'entendit avec ses belles- sœurs, et pendant plusieurs années elle fut occupée aux soins de leur ménage.
Raffet entra comme externe dans une petite pension du
\ . Tous ces détails nous ont été racontés maintes fois par la mère de Raffet et par notre ami lui-même.
|| INSTITUTION DE M. J. P. B ILETTE,
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