LE PRINCE A. DE DÉMIDOFF L
Reproduction gravée en taille de la lithographie décrite sous le N® 14 de l’Œuvre de Raffet.
Cette jolie vignette, gravée d’après une réduction photographique, retouchée au pinceau par Raffet, delà lith. indiquée plus haut, appartient au prince de Démidoff. Il n’en a été tiré qu’un petit nombre d’épreuves. Au bas, ces noms tracés à la pointe sèche ; Rafet deR. — Follet sculp. Nous en connaissons une épreuve imp. sur papier de bois. (II. 130; L. 100 millim.j
I Ce portrait était destiné h l’ouvrage intitulé : Étapes maritimes sur les côtes d'Espagne, de la Catalogne à l’Andalousie , souvenirs d’un voyage exécuté en 1847, par M. Anatole de Démidoff. 2 voi. in-8“, Florence, imprimerie de Félix Le Monnier, MDCCCLVIII. Celte édition , tirée îi trois cent douze exemplaires, n’a pas été mise dans le commerce.
bibliographie
DES OUVRAGES ORNÉS DE VIGNETTES GRAVEES D’APRÈS LES COMPOSITIONS DE RAFFET.
Les vignettes gravées pour la librairie d’après les dessins de Raffet , ont à nos yeux une importance trop réelle pour être passées sous silence. Sans entreprendre la description de ces pièces , nous voulons seulement en indiquer le nombre,, en dire les titres, désigner celui des différents ouvrages pour lesquels elles furent faites , et faciliter ainsi les recherches des amateurs, qui, sans doute un jour, seront curieux comme nous-même de ces vives et souvent admirables compositions. La plupart d’entre elles datent de cette brillante période de la librairie française, comprise entre 1834 et 1845 h A cette époque, Raffet, indépendamment du plus grand
i Nos lecteurs trouveront, presque k chacune des pages qui vont suivre, le nom de Charles Fume , cet éditeur toujours plein d’audace , qui sut imprimer k tous ses livres un cachet de recherche et de goût. La mort est venue le frapper le 14 juillet 1860 , en pleine carrière d’activité intellectuelle et commerciale. Il ne nous appartient pas d’esquisser ici une vie si bien remplie. Nous renvoyons donc k la notice biographique de son ami, M. Rosseeuw Saint-Hilaire , et nous empruntons k un article de M. Charles Blanc, quelques lignes qui peignent Charles Fume, au point de vue de l’art , avec autant de justesse que de délicatesse.
« Fume voulait illustrer les livres pour tout le monde, comme les grands libraires du siècle dernier illustraient leurs précieuses éditions pour un petit nombre de privilégiés. Il ne comprenait que la gravure en taille-douce, la gravure délicate et finie qui forme un tableau en regard de la page où le poète retrace un épisode, où le romancier décrit une scène. Il reprenait la tradition sévère des siècles passés ; il revenait k la gravure tirée k part , silencieusement travaillée sous la lumière tamisée d’un châssis , ,
« L’histoire, qui joue le plus illustre rôle dans la littérature du xixe siècle, avait toute la sympathie de Fume. Une partie notable de sa vie a été consacrée k mettre au jour les histoires de M. Thiers , d’Augustin Thierry, d’Henri Martin et de Louis Blanc. Les dessins de Raffet . pour la Révolution française de ce dernier , sont le plus souvent, dans leur petit cadre , d’une beauté vraiment épique. Elles se distinguent par un caractère élevé, sérieux et profond ; aussi Fume n’avait-il pas de plus vive admiration que Raffet, ni de meilleur ami... Gazette des Beaux-Arts du fo août 1860.
APPENDICE
nombre de ses belles lithographies , improvisa avec autant de verve que d’éclat les vignettes de la Némésis , du Napoléon en Égypte , de V Histoire de Napoléon , de Y Algérie , de Y Expédition des Portes de Fer^ de tant d’autres encore, et surtout cette série des grands faits de la Révolution de 1789. Rien dans l’Œuvre du maître ne nous semble attester mieux son génie que « ces terribles images que nul ne saurait oublier , pour peu qu’il les ait entrevues, et qui produisirent sur les âmes autant d’effet tout-puissant, que les plus belles pages d’un grand historien qui sait écrire ^ )>
Ces dessins ont été traduits sur l’acier par des graveurs jeunes alors, pleins d’amour pour leur art , de sympathie pour le talent du peintre dont ils aimaient h interpréter les œuvres ; et le mérite de ces artistes , qui préludaient par des vignettes à des travaux d’un ordre plus élevé, put faire croire un moment à une renaissance de cet art auquel les Eisen , les Moreau , les Marillier et les Saint- Aubin ont dû leur illustration. Nommer le modeste et regrettable Frilley, MM. Rurdet , Lefèbvre, F. Follet, Johannès de Mare, Béyer et Pelée, c’est dire avec quelle supériorité et quel respect de la pensée du maître ces planches ont été exécutées. Parmi les graveurs sur bois, Raffet devait trouver en MM. Hébert, Lavoignat, Piaud, Bréviere, Adolphe Follet, Cherrier , Lacoste jeune, etc., des interprètes dignes de son crayon , et nous aurons en ce genre, comme dans l’autre, à signaler des fac-similé d’une merveilleuse habileté.
1 Raffet ; par Jules Janin. Journal des Débats du 27 février I8C0.