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profondes découpures, entourée d’un récif qui, au Sud. se maintient à fleur d'eau sur une largeur de ? kilomètres et ne s'ouvre qu’en un seul endroit, à la passe Teavanui (la grande) laquelle regarde à l'Ouest. Entre ce récif semé de nombreux motu boisés et la rive se trouve un double motu montagneux qui est plutôt un soulèvement faisant partie du reste de l’île et qui se nomme Toopua nuïi et Toopua iti Ces deux motu sont séparés par un chenal étroit et peu profond au foud duquel on aperçoit d'énormes pierres. L’une d’entre elles, qui affecte vaguement la forme d'une pirogue. est connue dans les légendes indigènes sous le nom de Barque de Hiro(Te va'a no Hiro). Ce dieu, un des plus célèbres de la mythologie tahitienne, a laissé sur les rochers qui surplombent le chenal en question l’ernpreinte de ses doigts puissants. Le roc calcaire ressemble, en cet endroit, à la pâte durcie dans laquelle un géant aurait imprimé ses doigts longs de dix mètres: c’est la main
de Hiro ({e rima no Hiro). 11 a eu soin de
laisser là aussi les osselets avec lesquels il Fig. + is en basalte : PAL 1 de Maupiti.
jouait étant enfant: ce sont également de
Cette île étant la seule qui
orosses pierres. Enfin, un autre bloc a la possède des trachytes et { basaltes compacts a le curieuse propriété de rendre un son vrai- monopole de la fabrication
des pilons (penu).
ment métallique lorsqu'on le frappe avec un bâton ou avec une pierre: c’est la cloche de Hiro (£e o’e no Hiro). Le village principal, Vaitape, s'étale en face de Ia passe. Outre la maison de la reine, on y remarque des Farehau monumentales mesurant jusqu’à 50 mètres de longueur (voir Farehau au chapitre concernant l'habitation). Des pentes abruptes des montagnes descendent de courts ruisselets. L'île est insuffisamment arrosée et le fei y manque totalement. Elle possède deux autres centres de quelque importance : Faanuïi et Anau. Bora-Bora ne compte que 1264 habitants parmi lesquels deux ou trois Européens et quelques Chinois. Une bonne route fait le tour de l’île. Jusqu'ici Bora-Bora a gardé toute sa couleur locale, étant, ainsi que Maupiti, passablement en
dehors du passage des Blancs. Les fêtes s’y célèbrent dans toute
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leur antique solennité. On a fait venir plusieurs fois à Tahiti les sens de Bora-Bora pour exhiber leurs anciens costumes aux fêtes du 14 juillet. On y fabrique encore la {apa (étoffe indigène en écorce) et les plus curieuses guirlandes, couronnes et décorations en paille tressée.
Les habitants de Bora-Bora sont des fêtards et des discoureurs doublés de paresseux hors ligne. Quand la faim les talonne, ils montent les grandes pirogues doubles de l’ancien temps et rentrent le soir chargés de poisson. De la haute mer, où ils ne craignent pas de s’aventurer dans leurs pirogues doubles, ils font des signaux au moyen de pièces d’étoffe au bout d’un bâton, qui indiquent aux
riverains le nombre de gros poissons pris.
Maupiti.
Maupiti n’est qu'un énorme rocher avec une courte plage, entouré d’un vaste récif dangereux au travers duquel un étroit chenal livre passage aux petits cotres. Encore faut-il attendre le vent favorable pour se risquer dans cette passe. Pour ne l'avoir pas fait, un cotre y a sombré., en 1899, et neuf femmes ont été noyées. Une fois à l’intérieur du récif on y est prisonnier de la mer. Il faut attendre qu’elle ne s’engouffre plus dans la passe, y formant une barre, et que le vent contraire vous permette d’en sortir. Aussi cette île est-elle peu visitée. Un Blanc y habite par intermittence pour y vendre les pareu, les conserves, le thé, le sucre et le rhum dont les indigènes raffolent. Les 536 habitants de Maupiti sont restés les types les plus purs de la race tahitienne et c’est là qu’on devrait faire un séjour prolongé pour noter les anciennes coutumes. Ce sont eux qui fournissent les autres îles de ces gracieux pilons en trachyte, les penu dont on se sert pour écraser le manioc ou les plantes médicinales
dans les bassins de bois /umete).
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Fig. 9. — L'Ile de Maupiti.
La dernière (à l'Ouest) des iles habitées du groupe (500 habitants)
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Motu-iti et Maupihaa.
Deux îles inhabitées, Motu-iti et Maupihaa sont situées dans le voisinage de Maupiti et de Bora-Bora, tandis que les îlots perdus de Scilly et de Bellingshausen se trouvent beaucoup plus à l’Ouest. Ces plages sont couvertes, à certaines époques, d'œufs d'oiseaux de mer et l’on y pêche de magnifiques el abondantes tortues. Mais elles sont
plutôt visitées pour la pêche de la nacre.
Huahine.
A l'Est de Raiatea, un peu dans le Nord, se trouve la orande île double de Huahine, Huahine nui et Huahine iti, séparées par un chenal guéable de 40 à 50 mètres de largeur.
Les principaux sommels atteignent 680 mètres (Mont Turi), 595 mètres (Mont Matoerere), 435 mètres (Paco). Dans le Nord de Huahine rahi se trouvent deux lacs, le grand lac Maheva où Fahunaet le petit lac Fahunar-iti dont l’eau est
rahi dont l’eau est saumatre mètre sur 4 ou 5 et communique
douce. Le grand lac mesure un kilo
avec la mer par un chenal de même longueur où sont établis de
‘ages pour la pêche d'excellents poissons qui y Sont
nombreux bari très 2bondants, Le plus renommé est l'ava, espèce de saumon blanc. sont peuplés de canards sau-
Les bords marécageux de ces lagons
vages (Mm00ra oviri).
Cinq passes donnent accès au rivage, celle d’Ava Mo’a (la sainte) Farenuia-
conduisant au chef-lieu ; Fare ou, pour dire tout au long, a grande maison lointaine, toujours des souvenirs Avapeihi menant à la baie de Cook; la les passes
tea, c'est-à-dire | de l’émigration; celle de passe Farerea qui conduit dans la vaste baie Maroe el
Tiare et Araara qui ne peuvent servir que pour de petites embarca-
tions.
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Cette île, dont la population égale à peu près celle de Bora-Bora (1237 habitants), rappelle d'importants faits historiques: les marae de Maeva à la pointe Nord-Est où remontent toute l’histoire et toutes les généalogies de Huahine; le marae religieux de Manuunuu sur l’autre rive du lac, près duquel se trouve le tombeau de six Français tués à Maeva en 1846 et enfin le marae de Tiva à la pointe sud. C'est près de ce dernier que le grand prêtre de Hiro enterra les outils du charpentier de Cook dans l’espoir de les voir fructifier.
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Fig. 10. — Débarcadère de Fare à Huahine.
Situé au fond d'une baie ombragée dont les eaux sont assez profondes pour donner accès à des vaisseaux de fort tonnage qui y débarquent les produits de la Nouvelle-Zélande et y prennent le coprah, les oranges, les ignames et les ananas,
Enfin, pour clore la série des Iles sous le Vent, il faut citer la petite île de Tubuai-Manu ou Maiao-iti située à l’Est de Huahine et qui n’a que deux collines dont la plus élevée, celle de l'Est, atteint 90 inètres seulement. Comme à Maupiti, la passe est dangereuse et les indigènes doivent remorquer les cotres dès qu'ils sont engagés dans le chenal. La population se maintient au chiffre de 200 âmes. (Ces détails, comme les chiffres relatifs à la population, sont empruntés à l’Annuuire de Tahiti pour l'an 1899.)