Les Boughis, centre de Célèbes, deux types
9. Les Bisayas et les Tagalas (Philippines) très mélangés de Malais.
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Le mont Tapioi (Raïatea)
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guerriers et plus conquérants que la précédente, ces peuples ayant subifortement l'influence malaise. Elle suivit le chemin de la première migration jusqu’au groupe des Fidji. À cause de leur aversion naturelle pour la race noire, ils ne se mélangèrent guère en route avec les habitants des Salomon, des Nouvelles-Hébrides, etc., mais hien avec les Mélanésiens des Fidji, peuple plus navigateur et plus aventurier.
Durant cette occupation des Fidji, ils firent des excursions aux Samoa et aux Tonga, ainsi que le font ressortir les traditions de ces deux pays. Ils occupèrent de vive force les Samoa entre le X°et le XII° siècle et se répandirent, de là, sur tout le Pacifique jusqu'aux iles Sandwich où ils se fixèrent définitivement. Ils se tournèrent aussi vers Tahiti, les Paumotu, les Marquises, Rarotonga et durent arriver en Nouvelle-Zélande vers 1350. Ceux-là furent les Maori qui refoulèrent les Mori-ori dont il ne reste actuellement qu’une vingtaine aux {Iles Chatham pendant que les Maori sont encore 40 000 environ en Nouvelle-Zélande. Cette migration eut pour conséquence de donner aux îles des rois et des chefs (hui arii, hui raatira), tandis que les habitants primitifs furent réduits à une condition inférieure, celle de manahune. L’émigration polynésienne s’étendit beaucoup plus loin que les Tuamotu et les Gambier. Elle occupa, au Sud, les Tubuai et Rapa où elle fonda la colonie de Rapa nui ou de l’Ile de Pâques par 27° 105 et 109° 260, à mi-distance entre Tahiti et la côte de l’Amérique du Sud. L'origine polynésienne des habitants de l'Ile de Pâques est aujourd’hui bien établie par la similitude des langues. Si les habitants de l'Ile de Pâques ont sculpté ces statues colossales en pierre qui décorent leur île, c’est qu'ils ont trouvé des matériaux sur place et que le bois leur faisait défaut. Pendant que les Marquisiens, les Tahitiens, les Maori de la Nouvelle-Zélande fabriquaient des idoles de bois, les Polynésiens de l'Ile de Pâques taillaient d'énormes blocs de pierre volcanique, les statues informes qu’on voit encore se dresser par centaines sur ce sol inculte. Quoique ces statues aient quelque ressemblance avec celles des Maya du Yucatan, il est peu probable qu'aucune relation ait jamais uni ces peuples, à moins que les Polynésiens n’aient poussé leurs colonies jusque dans l’Amé-
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rique du Sud et l'Amérique centrale!. Seule, la comparaison des inscriptions gravées sur les colosses de l’Ile de Pâques et sur les monuments Maya pourrait jeter quelque lumière sur ce fait 2,
En signant, en 1770, le traité d’annexion à l'Espagne avec don Philipe Gonzalez, les chefs de Rapanui employèrent des signes ou totems très semblables à ceux dont les chefs Maori de la Nouvelle- Zélande firent usage en 1840 pour signer le traité de Waïitangi avec l’Angleterre. (Voir H. Vere Barclay’s Proceedings R. G. S. d'Australasia, Vol. III.)
On ne saura jamais non plus sans doute s’il n’a pas existé un continent dont bien des îles de la Polynésie ne seraient que les débris. Il est, en effet, difficile de comprendre comment les quelques
! Cependant les indigènes des deux Amériques parlent aussi des langues agglutinantes.
? L’idiome de l’Ile de Pâques s’en va plus rapidement encore que les autres idiomes polynésiens puisqu'il n’est plus parlé que par quelques centaines d'individus àpeine, la mortalité dépassant la natalité. Mais les noms de lieux montrent assez que ce langage appartient aux langues polynésiennes :
Pointe Papetehara Pt. Mokuroa
» Motukau Baie Tahoroa
) Hiarika Pt. Pokokoria Baie Hetonga » Piumotu
» Anakara Ile Marotiri Pointe Uremamore Baie Manganui Baie Hangaone Pte. Tama Baie Akahonga Mt. Ranakoraka Pointe Koe Koe » Kaurea Baie Hongatoe » Tuatapu Pointe Kikiriroa » Punapau Ile Mutu Raukau » Teraai » Mutu Niu » Mataviri
Baie Hanga Piko » Munga munga Pointe Hangaroa » Mutu Baie Tahai » Kao Pointe Tiepoko » Puaka tika
» Makake Temoa » Rotatake Mont Rana aroi » Hanapa Mont Opui » Poika
» Hipa » Puku, Biki Puku
Les noms primitifs de Rapanui furent Tepilofenua (la terre au milieu de la mer) puis
Waïhu.
PRES : : SRE
habitants connus de l'Ile de Pâques auraient sculpté ces statues gigantesques que toutes les forces réunies de leurs descendants ne parviendraient pas à détruire. Comment expliquer aussi que les distances énormes qui séparent la Nouvelle-Zélande des Fidji, celles-ci des Sandwich, des Iles de la Société, etc., aient été franchies sur les petits canots, même sur les plus vastes pirogues doubles à moins que des chaînes d'îles aujourd’hui disparues n’aient relié plus étroitement tous ces archipels.
Et cependant, d’un autre côté, on peut également admettre que ces vastes espaces séparateurs ont toujours existé, à preuve les différences actuelles des idiomes et des mœurs dans une seule et même race.
La race. — Le type tahitien.
Une des preuves les plus solides du passage des Tahitiens à travers l'Indonésie, c'est, avec les racines malaises demeurées dans la langue, les traces que le sang malais, mélanésien, même papou ont laissées parmi les populations polynésiennes. Aussi rencontre-t-on plusieurs types assez caractérisés. Il existe d’abord un type royal, car les familles d’Arii ou de grands chefs ont bien un type à part!. Les membres de ces familles se distinguent toujours par une taille audessus de la moyenne?, une propension marquée à l’obésité, une peau plus claire que celle des Tahitiens en général. Les yeux mêmes ne sont pas noirs. J’ai pu observer que ceux de la famille royale de Raiatea (les Tamatoa) et de celle de Huahine sont clairs, avec des
! Ce fait s'explique 1° par la raison que les Arii seraient les derniers arrivés, les derniers conquérants ; plus forts et plus intelligents, ils auraient subjugué la caste supérieure des huiraatiraa et le menu peuple, les manahune. Il s'explique 2% par le soin que mirent les Arii à éviter les mésalliances, un grand mépris pesant sur le fruit des mésalliances.
* On voit, dans une vallée voisine d'Opoa (à Vaiatea), une pierre très haute réputée être la taille des anciens rois de Raïatea. (Voir la photographie.)
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reflets bleuâtres ; la barbe et les cheveux sont beaucoup plus clairs aussi et tirent même sur le roux. L’obésité se remarque déjà chez de jeunes garcons de douze ans. Les membres de la seconde famille royale de Raïiatea, les Tahitoe, sont très grands et très gros aussi, le nez est plutôt aquilin, les lèvres épaisses, les yeux beaux, vifs, violents parfois, le crâne exigu ; la peau est plus claire que chez leurs anciens sujets.
Les Pomare de Tahiti n’appartenaient pas à ce type. Leur peau était plus foncée que celle des autres indigènes; ils avaient le nez en pied de marmite, le menton effacé et la bouche épaisse comme chez les Tahitiens en général.
Le type tahitien comporte une taille élevée et un penchant général à l’obésité. On rencontre des femmes énormes dont le poids doit dépasser 150 kilos. Le crâne est brachycéphale, autant que nous pouvons en juger de visu, sans avoir pris de mesures. L’os occipital est fréquemment aplati. Je ne crois pas que ce soit là une déformation crânienne, bien que l’habitude de coucher sur une simple natte ou sur un petit tabouret posé sur le sol ou sur les planches puisse contribuer à cet aplatissement de l’occipital!. Comme le frontal est généralement bas, le cràne affecte souvent la forme d'un pain de sucre. Le front n’est cependant pas fuyant; il est vertical et dénote de l'intelligence. Les arcades sourcCilières sont bien marquées; les pommettes sont peu saillantes et les yeux, légèrement obliques, sont assez enfoncés chez l'homme. La paupière inférieure est souvent d’une couleur bleu noirâtre. Le nez est, en général, un peu écrasé, en pied de marmite, les narines très ouvertes en avant; les lèvres ne sont pas très épaisses; elles ont une coloration bleuâtre; la bouche estz;sgrande, très bien dessinée, le bord des lèvres présentant une légère saillie ; la bouche a généralement une expression dédaigneuse qui se change instantanément en un aimable sourire dès que l’indigène sent le regard de l'Européen se fixer sur lui. Le corps est très bien pris, et, malgré les maladies
1 Les indigènes disent cependant que les mères comprimaient autrefois le front et l’occiput des enfants destinés à devenir des guerriers. ;jAutrefois les nourrices écrasaient le nez des bébés, pour les rendre plus jolis.