‹ Raiatea la SacréeChapitre 45 sur 88 · HUE LUE · texte numérisé non relu

HUE LUE

Tire | L LEE Les cases tahitiennes sont construites sur deux ou trois types assez fil | | semblables. Le type le plus simple est la cuisine (faretutu). Elle | À se compose de quatre piliers en tronc de {amanu ou ati (callophyl- (Il | | lum) plantés en rectangle, une fourche ayant été laissée à leur ex- | | {| trémité supérieure. Cette fourche supporte quatre traverses en bran- {l | | ches de burau et quatre arbalétriers soute- fil il nus par une ferme et reliés par un faite. || |

Quelques chevrons intermédiaires, toujours du même bois, dépassent les traverses lon-

gitudinales de quarante à cinquante centimètres et le tout est assemblé fortement au moyen de longs fragments d’écorce de burau (more). Cette écorce s’enlève très facilement et les indigènes la coupent avec leurs dents. Elle est aussi résistante qu’une corde de chanvre et dure quelques mois, bien qu’exposée aux intempéries. Pendant que les hommes construisent cette carcasse, les femmes sont occupées à tisser ensemble les feuilles des branches de cocotier, des deux côtés de la tige. On la sépare ensuite en deux pièces, en tirant de chaque côté après avoir pratiqué un commencement de fente. Chaque branche de cocotier (niau) fournit ainsi deux espèces de nattes grossières que les hommes attachent avec du more aux chevrons du toit. Ils fixent d’a- BUS US di noie. bord la petite natte inférieure, en posent &eshaches tibéituéu cité Les

. s penu à Maupiti sont en traune Seconde par-dessus, la faisant monter à Ghyte très dur, Elles ne s'em-

3 : x . é : manchent pas dans le trou ou la Ali o centimètres plus baut et ainsi de suite fente d’une branche, mais se fi- {ll xent par une solide ligature en |

| ï DERQR IE Jusqu'au faîte que l’on recouvre d’une qua- cordelette à l'extrémité d’une {IE | \ | |

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chevilles de goyavier qui la traversent de part en part en passant sous la perche faîtière. A la rigueur, on peut se contenter de cette (| case rudimentaire pour y préparer les aliments, y suspendre les fruits

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et les légumes. Mais, le plus souvent, si elle été construite soigneusement, des travaux supplémentaires font de cet abri une véritable

case.

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Fig. 381. — Cuisine tahitienne.

Les piliers sont en tamanu ou en mara ; les chevrons en hibiscus et la couverture du toit en feuilles de cocotier tressées ou en feuilles de pandanus.

D'abord on macadamise le terrain sur lequel elle repose en le battant, en y écrasant des fragments de coraïl ou bien en le recouvrant de foin (aretu) après l’avoir bien aplani et battu. Puis on garnit les quatre murailles de bambous de la grosseur du pouce que l’on

maintient par deux ou trois bambous également placés en travers, après avoir ménagé une porte dans le milieu d’une des façades. Quant aux pignons, on les remplit au moyen d'une natte triangu-

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Fig. 32. — Case construite sur le sol.

Les mêmes matériaux que pour la cuisine. Les murailles se garnissent de petits bambous attachés à des perches transversales par des liens de more (écorce d'hibisene) : sur le sol on étend une épaisse litière de foin indigène (are:u). Des blocs de corail ou de lave placés autour de l’enceinte consolident:les murailles.

laire tissée en fragments de gros bambou. Ce genre de case a atteint alors toute sa perfection: ni fenêtre, ni cheminée.

Mais si l’on veut faire une habitation sérieuse, sur un terrain sec et qui ne soit pas infesté par les tourlourous, comme c’est le cas dans le voisinage immédiat de la mer, on y met plus de soins, on lui donne de plus vastes dimensions et une forme plus savante. Au

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plan primitif en rectangle viennent s’ajouter deux demi-cercles et la toiture recouvrant le tout s’arrondit gracieusement aux deux extrémités. Toute la construction a comme point de départ quatre solides piliers en {amanu (callophyllum) ou en wru (arbre à pain). Ces piliers, fourchus ordinairement, supportent d’abord deux puissantes travées qui portent la ferme et les arbalétriers. Ils sont reliés

par trois longues poutres, l’une au faîte du toit, les deux autres en haut des murailles. Des branches plus minces sont disposées en demi-cercle sur les fourches de piliers plus petits, alignés eux-mêmes en demi-cercle, et les chevrons, toujours en burau ou en gros bambou, attachés avec une liane très solide (le ieie), recoivent un toit formé de feuilles de fara (pandanus) imbriquées les unes sur les autres, enfilées sur un roseau et maintenues au milieu par un fragment de bambou. La préparation de ces feuilles de fara est toute une industrie. Elles se placent de la même façon que le niau (feuilles de cocotier) et se cousent solidement à des lianes de ieie, fixées elles-mêmes aux chevrons. On emploie, dans cette intention une espèce d’alène grossière en bambou avec laquelle on perce la feuille de /ara pour atteindre une boucle de ficelle indigène que l’on ramène par le trou afin de la passer plus haut et ainsi de suite. Un toit en pandanus peut durer quatre, cinq ou six ans ; en niau, il ne dure pas une année.f On place encore de gros bambous sur le toit pour maintenir les feuilles que le vent soulève parfois, ce qui occasionne des ouvertures fort désagréables par lesquelles la pluie tropicale s’engouffre à torrents.

On utilise aussi la feuille de canne à sucre ({o) et celle du Autu pour recouvrir les toits, mais celle de pandanus est la plus appréciée. Avec les progrès de la civilisation sont venus les toits en bardeaux puis en tôle ondulée (punu) ainsi que les maisons en planches. Nous n’en parlerons pas, mais décrirons encore d’autres variétés de cases indigènes plus compliquées.

Au bord de la mer, il n’est pas possible de construire sur un sol

! Le plancher est absent à l’intérieur de ces cases et remplacé par de la terre battue et de

l’aretu (foin). Au pied des murailles en petits bambous sont disposés des blocs de pierre qui empêchent les chocs dangereux pour une construction aussi légère.

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humide, sablonneux et criblé de trous de tourlourous. C’est là cependant que se rencontrent la plupart des habitations. On les édifie alors sur pilotis plus ou moins élevés. Sur ces pilotis en tronc de {amanu (ou mieux de mara incorruptible dans l’eau) on dispose un plancher en perches de burau ou bien en fragments de gros bambous tressés. Le reste de l'habitation est élevé comme il a été dit précédemment ; seulement, on ménage quelquefois une ou deux vérandas, devant et derrière, sur lesquelles on pénètre par un embryon d’escalier ou d'échelle, l’accès dans l’intérieur ayant lieu par une ou deux portes se faisant vis-à-vis.

Ces cases n’ont jamais de fenêtres, mais une ouverture est toujours ménagée dans un coin du plancher par où sont jetés les détritus de toutes sortes dont les chiens, assemblés sous la maison, ne sont pas longs à faire table rase en compagnie des tourlourous.

A côté des maisons paticulières, les Tahitiens ont un embryon d’architecture publique. Ils ont construit, sur une plus grande échelle, mais toujours sur un plan analogue, des farehau (maisons du gouvernement, espèces d’hôtels de ville), des fareapooraa (maisons de réunion où l’on se rassemble pour discuter ou pour chanter) et des fare-pureraa (temples chrétiens).

La coutume de bâtir des maisons communes date de loin et existe encore. Cook, et d’autres voyageurs après lui, citent, entre autres, une case de 310 pieds (100 mètres) de long dans l’île de Pâques. Il existe dans toutes les îles des fareapooraa de grandes dimensions. J'ai mesuré une de celles de Bora-Bora et j’ai dû faire cinquante-huit pas pour aller d’une extrémité de la salle à l’autre. Ges maisons sont construites par l’ensemble des hommes du village ou du district, en corvée commandée par le chef ou le roi. Chacun, outre la maind'œuvre, apporte des matériaux : qui du pandanus, qui des piliers, qui des planches ou des bambous. C’est le chef qui désigne ce que chacun doit apporter. Le premier jour, dès l'aube, on se met gaiment à l’ouvrage, avec grand fracas et joyeux propos. Mais géné-

‘ Dans beaucoup de cas, on remplace les pilotis en bois par des blocs de corail empilés

ou même façonnés en pilastres prismatiques grossiers.

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