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| Une des plaies du pays, ce sont les chiens qui y pullulent. Heureusement qu'ils sont très inoffensifs, ne mordent jamais et que la rage est inconnue en Polynésie. Les indigènes sont très attachés à fl leurs chiens, comme du reste aux autres animaux domestiques. 14 Dernièrement, un impôt ayant été levé sur la gent canine, bien des | indigènes ne pouvant ou ne voulant pas payer et d'un autre côté se révoltant à l’idée de tuer leurs toutous s’exilèrent volontairement avec toute une meute dans l’île voisine de Huahine. Seulement ils n'avaient pas réfléchi que les mêmes lois régissaient désormais toutes les Iles sous le Vent, et le cotre sur lequel ils étaient montés | | emportait également le bordereau de taxe des chiens à l’adresse du [ll gendarme de Huahine. On apprit ensuite que des scènes de déses- | poir s'étaient passées là-bas, quelques cerbères ayant été dépêchés | | aux enfers par la voie humide.
Vie psychique.
(l Jeux, récréations, fêtes, danses. — Les Tahitiens aiment passionné- | ment les jeux. Ceux qu'ils ont inventés ne sont pas très compliqués | et plusieurs appartiennent au fonds commun à tous les peuples. Ils | | jouent aux cartes des nuits entières (en grand secret, car c’est un | jeu prohibé par les lois indigènes). Ils ne paraissent pas y mettre
| de bien gros enjeux, quoique certains chefs et surtout des cheffesses | | pensionnées jouent à l’avance leur solde trimestrielle.
| Les jeux des enfants, même des hommes, sont pour la plupart | aquatiques. Is consistent à plonger de très haut (naue) dix, quinze | LE à mètres, en sautant dans la position debout d’un rocher ou de la bran- N, | che élevée d’un mape dans un de ces frais bassins que les rivières { forment au pied des cascades. Les fillettes sont très habiles à ce jeu. Ensuite, c’est à qui remontera des parois de rochers verticales en
! s’accrochant aux moindres aspérités. Les garçons, plongés dans la rivière jusqu’au nombril, se lancent mutuellement des jets d’eau au visage en la refoulant entre leurs mains, les quatre doigts joints,
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les deux pouces accolés, l’espace vide entre les premières phalanges des pouces formant orifice. Le jet est assez fort et l'adversaire le
reçoit en plein nez. Il rejette l’eau par la bouche avec une affreuse grimace (faita) ; c'est à celui qui tiendra le plus longtemps.
Ce jeu, qui excite à un haut point l’hilarité des spectateurs, s'appelle pau.
Les enfants nagent sur le côté avec une grande rapidité, mais jamais sur le dos. Ils savent exécuter à la perfection le saut périlleux dans l’eau comme le saut périlleux en plongeant. IIS aiment aussi à passer sous le corps d’un autre baïgneur en prenant comme point de départ les épaules de celui-ci sur lesquelles ils sont assis. Ce sont là les amusements de rivière. Un grand plaisir pour eux est de manger le maiore au bain, comme les baigneurs de Louèche qui prennent leur déjeuner dans l’eau. En mer, les jeunes gens s’allongent sur une planche et s’amu-
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Fig. 44. — Echasses tahitiennes.
Ces échasses consistent en deux simplés morceaux de bois
liés ensemble par une cordelette,
sent à lutter contre le ressac, contre les vagues qui brisent, Les autres jeux d’enfants sont les échasses (rore) qui se composent
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