‹ Rameau :Chapitre 7 sur 10 · RAM L: AU · texte numérisé non relu

RAM L: AU

-niusicieii et symphoniste regarde ravcnii- ; il laisse entrevoir des possibilités, il découvre de vastes horizons, et les nobles effigies qu'il frappe dans l'inaltérable métal de sa musique représentent les ancêtres ^ des glorieux .ouvrages ({ui,'à la lin du siècle, jetteront un éclat sans pareil.

Seulement, les deux aspects du maître se pénètrent et s'entremêlent de telle manière que les hommes de son temps ne distinguent pas bien clairement chacun d eux.

A l'étranger, son théâtre resta presque ignoré. Si Zoroastre passa les frontières pour subir à Dresde une adaptation sacrilège, si Parme assista à la représentation d'un Hippoiyle qui contenait plus de musique de Traëtta que de musique de Rameau, on ne le connaissait guère, en dehors de notre pays, que comme un savant théoricien.

En France, son aire d'influence peut se préciser par quelques statistiques ^ Ce sont Castor et les Fêtes dHcbê qui tinrent rafliche le plus longtemps. Les Fêtes se jouaient encore en 1777, et Castor en 1785: d'ailleurs, les ballets atteignirent un chiffre de représentations de beaucoup supérieur à celui des tragédies lyriques . A partir de 1785, les œuvres de Rameau disparaissent du l'épertoire de l'Opéra, et il faut attendre tannée 1837 pour voir la Société des Concerts du Conservatoire

* On trouvera sur ce point des reuseignenients très précis dans les Commentaires bibliographiques qui accompagnent chaque volume de l'édition des Œuvres complètes.

mettre à son programme le fameux chœur des Sauvages des Indes galantes. Une sorte de renouveau de faveur naît à sa musique de chambre avec l'apparition du Trésor des Pianistes de Farrenc (1861: qui suscite à Vienne, à Berlin et à Leipzig- des publications analogues. On trouvait alors sur les pianos quelques-unes de ses Pièces de clavecin, quelques arrangements de ses airs de danse, et, comme ledit M.Brenet, « on faisait étudier aux petites mains le rigaudon de Dardanus ».

En vain, à l'anniversaire de la mort de Rameau, en 1864, M. Poisot demandait-il que la ville de Dijon accordât à son illustre enfant le souvenir d'une statue; la réalisation de ce projet fut différée jusqu'en 1876. Peu à peu, les progrès des études musicologiques, le développement du goût pour la musique ancienne finirent par remettre Rameau à la place qui lui était due. Aujourd'hui les temps sont révolus; l'initiative de MM. Saint- Saëns et Durand, le courageux prosélytisme de la Schola Cantonmi ont porté leurs fruits, et la musique française s'est aperçue, entin, de tout ce qu'elle devait au maître de Dardanus. On publie les œuvres complètes de Rameau, on remet ses ouvrages lyriques à la scène. La reprise solennelle à'Hippobjle et Aricie à l'Opéra apporte un éclatant hommage à un musicien qui nous est d'autant plus cher qu'il fut plus injustement délaissé, et nous ferons sans doute mentir le mot de Josepli de Maistre : <( La postérité est une ingrate qui profite et qui oublie. »

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