Dans le Icmpérauient égal, dont Bach tait voir les
toutes les gammes semblables entre elles, il a Toreille assez fine pour les distinguer et les reconnaître.
« Le mode majeur, pris dans Toctave des notes iit^ ré et la, convient aux chants d'allégresse et de réjouissance ; dans Toctave des notes fa et 5/ [;, il convient aux tempêtes, aux furies et autres sujets de cette espèce. Dans l'octave des notes sol ou }}n\ il convient également aux chants tendres et gais ; le grand et le magni(i{[ue ont encore lieu dans l'octave des notes rc, la ou mi.
« Le mode mineur pris dans l'octave des notes /r. sol, si, ou nii convient à la douceur et à la tendresse; dans l'octave des notes ut et fa, il convient à la tendresse et aux plaintes; dans l'octave des notes fa ou si [;, il convient aux chants lugubres. Les autres tons ne sont pas d'un grand
avantages à la nu'' me époque [Lo clos crin bien tempéré, 17^^), on diminue légèi'ement toutes les quintes, et tous les intervalles, dans toutes Ii-s gammes, sont égaux entre eux. Au contraire les tempéraments inégaux, traitant les quintes d une manière diflérente, rendent les intervalles inégaux, les gammes dissemblables. Au temps de Rameau, en France, on diminuait les quintes ul-sul-ré-la-mi de manière à obtenir juste (5,4) la tierce ul-mi. On diminuait un peu moins les quintes mi-si-fai-uti-sulii pour avoir mi-soh à peu près juste. l]l on augmentait les quintes ii(-f(i-si\)-nn,-l(i;,-ré^ jusqu'à ce (pie le lu? donnât l'unisson du svh. On voit facilement qu<' 1 intervalle ul-ré, en lit majeur, n'était pas le même que l'intervalle .sj7-«/, en .S/p majeur. (Chaque ton avait ainsi un caractère tranché, et beaucoup d artistes tenaient à cette diversité. Mais c'était là, selon Rameau, « un préjugé de musicien ». DALiiMUEKT, éléments de musique, p. 4^^, note.
L'ESPRIT la;
usage, el l'expérience est le plus sûr moyen d'en connaître la propriété ^ »
Enfin une suite d'accords, dans un certain ton, ne donne qu'une première ébauche de musique : la mélodie qui doit en sortir n'est pas encore tracée, ni même indiquée. Ici s'arrête le pouvoir des lois, l'imagination retrouve sa liberté entière : elle n'en usera qu'entre les limites dont Iharmonie ne lui permet pas de s'écarter.
« La mélodie n'a pas moins de force dans les expressions que l'harmonie ; mais il est presque impossible de pouvoir en donner des règles certaines, en ce que le bon goût y a plus de part que le reste ; ainsi nous laisserons aux heureux génies le plaisir de se distinguer dans ce genre, dont dépend presque toute la force des sentiments ; et nous espérons que les habiles gens, pour qui nous n'avons rien dit de nouveau, ne nous sauront pas mauvais gré d'avoir déclaré des secrets dont ils auraient peut-être souhaité être les seuls dépositaires, puisque notre peu de lumières ne nous permet pas de leur disputer ce dernier degré de perfection, sans lequel la plus belle harmonie devient quelquefois insipide, et par où ils sont toujours en état de surpasser les autres ; ce n'est pas que lorsque l'on sait disposer