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LŒUYRE ifji
des athlètes, dans Castor et Polliix, qui vient d'être citée, n'est autre chose, pendant trois mesures, qu'un arpègement de Faccord tonique, en ut majeur; et le motif des Sauvages, dans les Indes galantes, est fait aussi des sons de Faccord tonique, puis de la septième dominante, avec retour final à la tonique.
Les mouvements d'harmonie sont ici très lents, d'où une impression de calme irrésistible, ou, au contraire, le rythme aidant, de simplicité brutale. L'air du Sommeil, de Dardanus, exprime au contraire alternativement les deux accords de tonique (sol-si^^-ré) et de dominante avec neuvième [ré-fai-la-ut-miy] : c'est un balancement doux, caressant, berceur, comme Rameau l'a voulu. Et enfin, dans l'air des Prêtresses, à' Hippolyte et Aricie, chaque note amène un renversement de l'harmonie, qui oscille sans arrêt entre ces deux pôles : on sent une palpitation timide et virginale :
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Si une modulation intervient, elle est toujours
JEAX-PHILIPPE RAMEAU
marquée dans la mélodie même, par une note caractéristique. Ainsi, cette phrase^, qui part de fa iî mineur, fait sentir, à la troisième mesure, un passage au ton A' ut \ mineur, avec mi naturel, et bientôt après vme cadence évidente en la majeur.
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Même le chromatique, lorsqu'il paraît, ne fait que traduire des modulations claires, au lieu, comme on pourrait croire, de confondre entre elles les tonalités. Ainsi, dans la déploration par où commence Castor et Pollii.v, ce motif descendant ne se compose que de trois cadeiu'cs, l'une en fa mineur (tonique-dominante), l'autre en /// mineur (tonique-dominante) et la dernière en fa (sous dominante-tonique) :
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I. Jfippohic ri Aiic'w. prolos^iio, Aii- en rondeau pour IfS Amollis.
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Il en est toujours ainsi chez Rameau ; sous la mélodie, l'harmonie aflleure. De là cette impression de force et de concision : tout a un sens, une direction, une action, tout porte et tout se tient. Et cependant ce style si serré est entièrement libre : comme il arrive en tous les genres classiques, l'invention, contenue entre des limites étroites, n'en est que plus riche et plus hardie, comme si la tension de l'esprit augmentait en raison de la contrainte qu'il a voulu s'imposer. D'abord, le rythme est entièrement à la discrétion du compositeur, et Rameau en connaît la puissance : « la mesure, dit-il ^, a tant de force dans la musique, qu'elle est seule capable d'exciter en nous les différentes passions que nous venons d'attribuer aux autres parties de cet art. Sans elle, toutes nos expressions deviendraient languissantes et sans fruit. » Le rythme chez lui est toujours frappant et caractéristique : en effet, presque tous ses airs ne sont-ils pas destinés à la danse ? Mais les symphonies de LuUy, elles aussi, celles de Campra, de Destouches et de tous les autres compositeurs d'opéra, n'avaient généralement pas d'autre objet. Et cependant l'invention rythmique y est faible. Lully n'a (luune