‹ Rameau (volume 2)Chapitre 65 sur 114 · I. Erreurs sur la musiquCy p · texte numérisé non relu

I. Erreurs sur la musiquCy p

JEAX-PHILIPri- RAMEAU

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De telles réalisations, assez fréquentes dans les derniers ouvrages de Rameau, le montrent en possession du principe même de l'orchestration moderne, dont nul ne s'était avisé avant lui. 11 a trouvé des accords si harmonieux, ([ue Rousseau en pousse des cris de souflrance et d'indii^'nation '; après quoi il conclut doctement :

I. Lettre <i M. (iriiiim, (lùivrcs. <'(l. l'olilain, VI, p. iji : <( Je dis que M. Rameau a abusé de cet orchestre tel ijuel. Il a rendu ses accompagnements si confus, si cliargés. si tVôtjuents, que la tète a peine à tenir au tintamarre continuel de «iivcrs instruments pendant l'exécution do ses opéras, qu'on aurait tant de plaisir à entendre s'ils étourdissaient moins les oreilles », Il laut lire aussi les divagations delà Lettre sur la niiisif/iie franriiise. VI, p. iGJ : « Je vois ilairemeut iiue deux

L'ŒUVRE 2i3

« C'est donc un [)rin('ij)c certain et fondé dans la nature, que toute musu|uc où l'Iiarnionie est scrupuleusement remplie, tout accompagnement où tous les accords sont complets, doit l'aire beaucoup de bruit, mais avoir très peu d'expression, ce qui est précisément le caractère de la musique française '. »

Laissons Rameau répondre " : « Pour juger d'un art, surtout en législateur, il faut non seulement le connaître, il faut de plus être doué de tous les talents qu'on doit y supposer pour pouvoir se rendre raison des effets qu'on éj)rouve. »

Quoi qu'on en ait dit souvent, les premières œuvres de Rameau, celles qui sont célèbres, ne

consonances ajouléos riiuc à l'autre mal à propos, quoique selon la règle des accords, pourront, même en augmentant riiarmonie, adaiblir mutuellement leur effet, le combattre ou le partager. Si tout leiret d'une quinte m'est nécessaire pour l'expression dont j'ai besoin, je peux risquer d'affaiblir cette cxpr(^ssion par un troisième son, qui, divisant cette quinti? en deux autres intervalles, en inodifiera nécessairement l'effet par celui de deux tierces dans lesc[uelles je la résous : et ces tierces mêmes, quoique le tout ensemble fasse une fort bonne liarmonie, étant de différente espèce, peuvent encore nuire mutuellement à l'impression l'une de l'autre. » Il suit de là que l'harmonie, pour être expressive, no doit être réalisée qu'à deux parties.

I. Lettre sur la iiiiisifiiie française, Œuvres, éd. Pelilain, VI, p. 163.

a. Erreurs sur l/i i)iusii/ut\ p. 5.

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montrent aucun sentiment particulier des couleurs de Torchestre ; il connaît les effets des violons, des hautbois, des flûtes, des bassons, et, à l'occasion, des trompettes ; il sait tour à tour unir ces instruments ou confier la mélodie à l'un d'eux: Campra et Destouches en font autant. Us n'eussent été surpris ni, dans Darclaiins, de cette Jalousie annoncée par les bassons grondeurs, qui rompent la paix des flûtes et des violons :

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ni, dans le premier air de Zéphir, des Indes i>alaiilcs, de ce léger sourde de (lùle :

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ni enfin, dans Tair du rossignol d' Uippo/i/lc cl Aricie, de ce ga/.ouillis de flûtes et de violons : Ij

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