‹ RameauChapitre 28 sur 89 · La bibliographie placée à la fin de ce volume donne la · texte numérisé non relu

La bibliographie placée à la fin de ce volume donne la

Ses forces s'épuisent en ces débats stériles ; c'est en 1760 seLilement qu'il parvient à terminer un ouvrage dont il avait conçu le plan dès 1757 ^ : le Code de musique pratique^ ou Méthode pour apprendre la Musique même à des aveugles^ pour former la voix et l'oreille, pour la position de la main avec une méchanique sur le clavecin et l'orgue, pour V accompagnement sur tous les instruments qui en sont susceptibles, et pour le prélude, avec de nouvelles réflexions sur le principe sonore. On voit que Rameau, si théoricien qu'il fût, ne dédaigne pas un seul détail de la pratique, ou plutôt la théorie ne se sépare pas, dans son esprit, des applications dont elle est susceptible.

La même année, il tentait encore la fortune de l'Opéra, cette fois avec une comédie-ballet: les Paladins '\ représentés le 12 février, n'obtinrent aucun succès et ne furent pas publiés ; le manuscrit de Fauteur nous est parvenu, encore écrit d'une main ferme ^, et nous montre une

liste de tous les éci'ils où Rameau dispute contre les philosophes.

1. Le prospectus de cet ouvrage est annoncé dans le Mercure de décembre 1757. Voir L. de la Laurf.ncie, p. 546.

2. L'auteur des paroles n'a pas signé son poème. Le sujet est emprunté à un conte de La Fontaine, Le petit chien qui secoue des pierreries.

3. BiBL. ]\at. Rés. Vm- 120. — On lit en tète de l'Ouverture : « Tout est corrigé. Copiez tout. » De nombreuses

musique vive et sèche, dont la gaieté continue devait ennuyer, malgré de charmants épisodes.

Rameau s'en va : son imagination se refroidit, et c'est à peine s'il lui reste assez de forces pour donner encore, en 1762, une dernière Lettre aux Philosophes, concernant les corps sonores et la sympathie des tons. Par une ironie qui dut lui être bien amère, la gloire lui est venue en même temps que l'inspiration le quittait. «Toutes les fois que M. Rameau était aperçu à l'Opéra, lorsqu'on représentait quelqu'un de ses ouvrages, il était longtemps applaudi ^ ». En 1760, une véritable manifestation eut lieu en son honneur. « Qu'un auteur, dit le Mercure 2, à la représentation d'une pièce nouvelle, soit applaudi du public enchanté de l'ouvrage, rien n'est moins étonnant, ni plus naturel. Mais qu'à la dernière représentation d'un ouvrage repris, et qui a été joué un grand nombre de fois, ce même public, en voyant l'auteur dans une loge, se tourne vers lui et lui adresse ses applaudissements avec transport, c'est ce qui n'est guère arrivé qu'au célèbre

ratures et collettes témoignent du soin que mettait l'auteur à améliorer ses ouvrages.

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