‹ RameauChapitre 42 sur 89 · Spectacles de Paris, 1765, p · texte numérisé non relu

Spectacles de Paris, 1765, p

Son intérêt personnel ne compte plus, sitôt qu'il s'agit de son art. Après les premières représentations à'Hippolyte et Aricie, croyant à une chute, il disait tristement : « Je me suis trompé. J'ai cru que mon goût réussirait, et je vois qu'il n'en est rien. Mais je n'en ai point d'autre, et je ne ferai plus d'opéra ^ » Après Zoroastre^ il est le premier à comprendre qu'il est temps de se reposer, et ne cherche pas un instant à se donner le change ; il dit à Chabanon : « De jour en jour j'acquiers du goût, mais je n'ai plus de génie. » Et comme le président de Brosses le presse de se remettre au travail, il répond que « l'imagination est usée dans une vieille tète, et qu'on n'est pas sage quand on veut travailler à cet âge aux arts qui sont entièrement d'imagination^ ».

Il juge les autres avec autant de sincérité que soi-même. Quand il entend de la musique, il ne se connaît plus ni amis ni ennemis ; « son âme franche et sauvage, incapable de se refuser à Timpression du beau, aurait rendu justice même aux ouvrages des auteurs qu'il n'aimait pas^ ».

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